Rencontre avec Loran, guitariste et co-fondateur des Ramoneurs de Menhirs

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Entretien avec Loran des Ramoneurs de Menhirs

 

Lors du Festival du Tour du Pays d’Aix organisé par l’association Aixqui ?, nous avons eu l’opportunité de rencontrer Loran, guitariste, chanteur et co-fondateur des Ramoneurs de Menhirs.

MusiqueAlliance : Loran bonjour. C’est la première fois que Les Ramoneurs de Menhirs viennent jouer à Simiane ?

LRDM : Ici précisément oui, mais disons qu’on commence un peu à jouer dans le Sud Est. On se rend compte que ce ne sont pas les terres les plus rock’n’roll, mais on se rend compte aussi que quand il y a des concerts, les gens sont vachement contents. Je pense que l’esprit du rock ne demande qu’à s’épanouir. On sent une bonne énergie ici, on est super content. On est parti de Bretagne hier pour 4 dates. On était à Grenoble hier, ce soir à Siminane, demain à Avignon et une quatrième date dans la région dimanche.

MusiqueAlliance : C’est l’assaut du Sud si je puis dire ?

LRDM : Oui, on a joué jusque dans la vallée des merveilles dans le parc du Mercantour, donc on connait bien le sud est maintenant.

MusiqueAlliance : Il faut dire que cela fait déjà de nombreuses années que vous tournez ?

LRDM : Oui, le groupe existe maintenant depuis onze ans et on a du faire un peu plus de 1000 concerts. Il faut compter entre 80 et 100 concerts par an en moyenne

MusiqueAlliance : Et cela représente combien d’album ?

LRDM : On en a fait 4.. Certes, on n’est pas très fructueux en albums. On prend notre temps pour les faire car on privilégie beaucoup la scène. Le rapport et le contact avec les gens, pour nous c’est très important. Un concert doit être une cérémonie. Tout le monde vient avec ses différences ensemble. C’est de la pure osmose, de l’alchimie, c’est de la magie en fait un concert. On met donc l’essentiel de notre énergie là. Apres cela, on fait des disques aussi pour renouveler les morceaux. On a fait le dernier album avec un Bagad. Pour les gens qui ne sont pas bretons, un Bagad, c’est  un genre de fanfare traditionnelle. Il y en a dans chaque ville bretonne, dans chaque hameau. C’est comme le système des équipes de foot, tu as des divisions et il y a des concours et tout et tout…. Tout ça pour que les traditions ne se perdent jamais si tu veux. On a fait un album avec un Bagad qui est une nouvelle expérience encore. On est vachement content, on était à 50 sur cet album ! On a présenté l’album au Hellfest, c’était super à la Warzone. Super concert avec le bagad de Carhaix. Pour nous c’était important et en plus le fait qu’on soit à Clisson, politiquement en tant que bretons, on affirmait qu’on était en Bretagne à Clisson ! Tout le monde sait que la capitale de la Bretagne c’est Nantes, c’est clair ! C’est le Maréchal Pétain qui a séparé Nantes de la Bretagne en 44 certainement pour casser l’insoumission bretonne je pense. . Comme on ne reconnait aucun décret de Pétain, donc pour la plupart des bretons, la Bretagne à 5 départements

MusiqueAlliance : Ce concert est le départ d’une tournée ?

LRDM : En fait on est constamment en tournée. On ne fait pas un album, puis une tournée. On ne fonctionne pas du tout comme ça.  Nos concerts c’est une continuité.Ca se fait vachement au feeling. On n’a pas un show calibré, on fait plutôt une performance. C’est-à-dire qu’en quatre albums, on a plus de 40 morceaux. Dans ma boite à rythmes, j’ai ces 40 morceaux et en fonction de l’endroit où on est et surtout du temps que l’on a, ce soir par exemple, on n’a qu’une heure et quart, mais c’est intéressant. Tout est intéressant. Demain à Avignon, on a un concert de 3H00 donc là, c’est encore autre chose. On sera dans une performance différente. Je trouve que c’est vraiment intéressant un long concert. Là, on peut vraiment travailler l’émotionnel, c’est totalement diffèrent. Ça va être un assaut breton, un lancer de menhirs

Musiquealliance : Donc chaque soir est diffèrent d’un jour à l’autre ?

LRDM : Oui, c’est ce qui nous donne notre énergie parce qu’on ne se lasse pas justement. On répète finalement assez peu par rapport à d’autres groupes. On peut aussi se garder ce côté « dérapage » en concert. On ne veut pas être trop « en place » non plus, on préfère laisser la place à l’improvisation. Ce n’est pas parce qu’on a une boite à rythme que tout est planifié. Il peut donc se passer tout et n’importe quoi en concert. Il peut même y avoir des enfants qui débarquent, on ne sait pas ce qu’il peut arriver. Tout est possible pendant nos concerts, et je pense que ça c’est dans le vieil esprit punk rock, rendre l’impossible possible ! On est vraiment dans un esprit comme ça et c’est ce qui fait que maintenant, après 40 ans de scène (j’ai fait mon premier concert à 13 ans au collège), je préserve cette envie de jouer. En fait, un groupe, c’est un couple à plusieurs finalement. Apres, il peut y avoir des groupes à deux. Il se trouve que nous on est un collectif de 8 personnes et on se protège les uns les autres. Pour moi, c’est la première fois en 40 ans que je suis aussi content avec un collectif. J’ai fait partie des Beru (Bérurier Noirs) pendant 7 années, c’était un record absolu. Et là, on est déjà à 11 ans tu vois et c’est vrai que je me rends compte qu’on atteint un niveau incroyable. On a presque plus besoin de se parler pendant les concerts, on se sent, c’est plus comme un instinct animal. On développe vachement le coté instinctif dans le groupe. Le coté tribal de la culture celte. Et donc voilà, c’est vraiment agréable. On n’a pas l’impression de lancer 50 flèches, on en lance une. C’est vraiment chouette. Tu vois, on peut dire que vieillir, y’a des cotés un peu chiant, la mécanique qui ne marche moins bien certes, mais tu gagnes autre chose. Ton œil regarde mieux, tes oreilles écoutent mieux….

Musiquealliance : Est-ce qu’on peut espérer un 5eme album un jour ?

LRDM : Clairement. Il est déjà en route en fait. Quand un album sort, pour nous c’est déjà fini depuis longtemps et on est déjà autre part. On va faire un album dédié à Louise EBREL qui est cette chanteuse de gavotte qui chante avec nous depuis le début du groupe et qui a maintenant 85 ans. Elle se retrouve avec nous quand elle le veut, elle vient avec nous en concert. On voulait vraiment faire un genre de « livre-album » qui raconte l’histoire du groupe avec Louise. Comment on s’est rencontré parce que c’est complètement improbable. On m’aurait dit  trois mois avant qu’on fasse le groupe que j’allais poser mes riffs de grat sur une grand-mère icone de la gavotte en Bretagne, j’aurais ri pendant une semaine. Mais c’est ça qui est intéressant. Encore une fois, rendre l’impossible possible. Tu vois, c’est super bien, elle ne fait aucune concession sur sa façon de chanter et moi je n’en fait aucune sur mes riffs et c’est ça la pure alchimie.  C’est quand tu as des éléments différents qui ensemble forment un nouvel élément

Merci à Loran pour cet entretien exclusif. Tous nos remerciements à l’association Aixqui ? (et notamment à Julie) pour nous avoir organisé cette rencontre avec les Ramoneurs de Menhirs.

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