
Higher Power ne s’embarrasse plus de faux-semblants. Avec Count The Miles , premier souffle d’un troisième album inattendu intitulé There’s Love In This World If You Want It , le quintet de Leeds transforme dix ans de bitume et de sueur en une décharge émotionnelle pure. Ce n’est plus seulement du hardcore, c’est le récit d’une usure transformée en urgence vitale, où chaque kilomètre parcouru devient une preuve de survie et une quête de sens au milieu de l’épuisement.
Count The Miles
Le morceau s’élance sur un riff massif, une pulsation de basse rappelant le grondement sourd d’un moteur de van lancé à pleine vitesse. La voix de Jimmy Wizard, écorchée et d’une sincérité désarmante, nous enferme d’emblée dans l’habitacle exigu de cette boîte de métal qu’ils appellent leur maison. La production, assurée par le groupe sous l’égide de Nuclear Blast, trouve l’équilibre parfait entre l’agressivité du hardcore et des envolées mélodiques qui restent en tête. Le tempo, d’abord contenu, explose lors d’un refrain libérateur où la tension accumulée s’évapore enfin. Nat Wood, à la réalisation du clip, capte cette dualité avec une précision quasi documentaire: les visages marqués par le manque de sommeil alternent avec l’immensité grise des autoroutes britanniques sous la pluie.
Le texte joue sur un paradoxe saisissant, suggérant que la fuite permanente est peut-être la seule façon de retrouver ce que l’on a laissé derrière soi. L’instrumentation gagne en épaisseur, intégrant des harmonies vocales presque emo qui viennent adoucir des breakdowns hérités de leurs racines metalcore. Cette quête d’amour au milieu du chaos logistique et de la solitude des loges anonymes donne au morceau une dimension universelle. Higher Power réussit ici à transformer l’expérience épuisante de la tournée en un refuge sonore, une parenthèse où la déconnexion domestique devient enfin supportable grâce à la ferveur collective.
Higher Power aujourd’hui
Formé à Leeds au milieu des années 2010, Higher Power s’est rapidement imposé comme le fer de lance d’un hardcore britannique en pleine mutation. En fusionnant l’énergie brute du metalcore avec des textures empruntées au nu metal et au post-hardcore mélodique, Jimmy Wizard et ses musiciens ont su conquérir une audience dépassant largement les frontières des squats underground.
Leur troisième album, There’s Love In This World If You Want It , paru fin 2025, marque une étape cruciale dans leur discographie. Après une décennie de tournées ininterrompues et une certaine lassitude face aux rouages transactionnels de la musique, le groupe livre un disque d’une maturité surprenante. Enregistré dans une urgence créative, ce projet explore la recherche de liens authentiques dans un quotidien aliénant, affirmant leur statut de voix majeure du rock alternatif contemporain.
En ce début d’année 2026, la formation reprend la route pour une série de dates européennes très attendues. Higher Power sera en concert le 20 février à Londres au O2 Academy Brixton, avant de rejoindre Paris pour une date au Bataclan le 5 mars, puis Berlin au Huxleys Neue Welt le 12 avril. Loin des tendances éphémères, le groupe incarne aujourd’hui une résilience rare, prouvant que le désenchantement peut encore servir de carburant à une création durable.


