Le quatuor lillois EXIL franchit une étape décisive avec la sortie de son premier album, Karga , ce 30 janvier chez Source Atone Records. Loin des sentiers battus du metal extrême, cet opus de huit titres dessine une trajectoire singulière entre les steppes kazakhes et les paysages industriels du Nord de la France. C’est un voyage initiatique où la nostalgie des origines se heurte à la rudesse du présent, porté par une fusion habitée de post-black metal et de post-punk.
Karga


Karga , terme kazakh désignant le corbeau, s’impose comme le fil conducteur d’une œuvre à la fois sombre et lumineuse. L’oiseau devient ici le symbole d’une introspection universelle, magnifiée par le visuel de l’artiste Sözö Tözö qui capture cette dualité organique. Composé dès le printemps 2024, l’album refuse les frontières linguistiques en faisant cohabiter le français, le kazakh et un dialecte slave. Cette polyphonie célèbre des racines partagées où les ombres du black metal répondent à l’urgence mélancolique du post-punk. Les morceaux Rodina et L’Exil, ce dernier bénéficiant de la voix d’Amy Tung Barrysmith (Amenra, Year Of The Cobra), préfigurent une épopée sonore intense. Entre Abîme et Poussière, la tracklist dévoile une quête d’identité poignante portée par les guitares et les chants d’Arsen Raziyev et Quentin Florin, soutenus par la précision d’Alan Dujardin à la batterie et d’Hugo Nogard à la basse.
EXIL aujourd’hui

Ancré dans le Nord, EXIL revendique désormais son héritage franco-kazakh avec une maturité nouvelle. Après l’EP Yad (poison) paru en 2020 et plusieurs sorties plus confidentielles, ce premier format long marque l’aboutissement d’une recherche sonore entamée il y a cinq ans. Le groupe harmonise traditions ancestrales et modernité électrique pour s’imposer sur la scène hexagonale. Karga prendra toute sa dimension scénique le 21 mars à Lille, au sein de La Bulle Café.


