Depuis 2006, TankrusT trace sa route dans l’underground français avec la constance des groupes forgés dans la sueur des salles et la poussière des festivals. Originaire d’Île-de-France, le quintet s’est imposé au fil des années comme une machine de guerre scénique, capable de conjuguer l’agressivité du thrash moderne, la lourdeur du death metal et l’impact frontal du hardcore.
Si certains voient chez eux des réminiscences de Lamb of God ou Machine Head, TankrusT ne s’est jamais contenté du simple exercice de style. Le groupe injecte dans sa formule des influences multiples, allant du brutal death au djent, pour bâtir un son personnel : massif, nerveux et constamment sous tension. Une musique pensée avant tout pour le live, où chaque riff semble conçu pour déclencher le chaos dans le pit.
Et c’est précisément sur scène que TankrusT a construit sa réputation. Depuis près de vingt ans, le groupe enchaîne les concerts incendiaires et les affiches solides, partageant notamment la scène avec Debauchery ou Loudblast, tout en passant par le Mennecy Metal Fest, le Normandy Metal Fest ou encore le Hellfest Metal Corner. Une expérience scénique qui transpire dans chacune de ses compositions : ici, pas de démonstration gratuite, seulement de l’efficacité, du groove et une volonté permanente de fédérer dans la violence cathartique.
Après l’EP Beyond Thresholds (2013), puis les albums The Fast of Solace (2015) et Opposite Terror (2019), TankrusT revient aujourd’hui avec Shrike, un troisième album qui synthétise l’ensemble de son parcours tout en ouvrant une nouvelle étape dans son évolution.
Mixé par Andrew Guillotin et masterisé par Thibault Chaumont, Shrike pousse encore plus loin les contrastes qui définissent le groupe. Les dix morceaux gagnent en profondeur et en modernité sans perdre l’urgence qui fait l’ADN de TankrusT. Les guitares se montrent plus abrasives et versatiles, les structures plus vicieuses, les riffs plus sinueux, tandis que la section rythmique maintient cette puissance organique taillée pour la scène.
Visuellement, le groupe reste fidèle à l’univers développé avec Tib Gordon, déjà à l’œuvre sur les précédentes sorties, afin de conserver cette cohérence esthétique devenue partie intégrante de son identité.
Le choix du titre Shrike ne doit rien au hasard. Entre l’oiseau prédateur connu pour empaler ses proies et le missile britannique de la Seconde Guerre mondiale, l’image résume parfaitement l’état d’esprit du disque : une œuvre agressive, acérée et sans concession. Les textes prolongent cette vision en s’attaquant aux dérives contemporaines avec un regard plus cru et plus radical que jamais.

Vingt ans après sa formation, TankrusT continue d’avancer sans ralentir, fidèle à une conception viscérale du metal : honnête, intense et pensée comme une expérience physique autant que sonore. Un groupe de scène avant tout, dont la violence reste profondément humaine — et surtout furieusement vivante.

