Photo de couverture de Yanick - Wolverine
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Cathedral of Smoke : le doom de Sleep rallumé par Witching Buzz

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Trente ans après la déflagration qui a redéfini le doom et le stoner, le spectre de Sleep revient hanter nos enceintes. Prévu pour le 7 août 2026 chez Witching Buzz Records, Cathedral of Smoke: A Tribute to SLEEP réunit dix formations venues des États-Unis, du Royaume-Uni et d’Europe. Loin de se contenter d’une simple copie carbone, cette compilation entièrement numérique propose une relecture habitée des morceaux cultes du trio californien, depuis l’époque fondatrice de Holy Mountain jusqu’à ses compositions les plus récentes.

Cathedral of Smoke: A Tribute to SLEEP

Chaque groupe s’approprie ici le matériau d’origine pour en extraire l’ADN lourd et hypnotique tout en tordant les riffs à sa guise. Abel Blood ouvre la marche avec Giza Butler, un titre de la dernière période du groupe, transformé en un mantra épais où la basse ronfle au premier plan sous de longues nappes de réverbération. À l’autre bout du spectre, Buzzards of Babylon s’emparent de Dragonaut pour en accentuer le groove routier, durcissant la section rythmique et poussant les guitares vers un registre plus abrasif.

Les pièces maîtresses de Holy Mountain irriguent tout le disque. When the Deadbolt Breaks étire le morceau-titre dans une lente montée en puissance, épaississant les textures et jouant sur des variations de densité plus marquées que sur l’original. Shadow Witch revisite Aquarian avec une approche psychédélique, multipliant les effets sur les voix et les guitares pour renforcer cette dimension hallucinée que le trio d’origine laissait affleurer avec plus de retenue.

Ailleurs, la compilation explore la facette la plus cosmique et enfumée de ce répertoire. Fuzzing Nation injecte une dose supplémentaire de saturation et de groove dans Marijuanaut’s Theme, accentuant le balancement rythmique typique du stoner moderne. Poste 942 réinterprète Hot Lava Man de manière plus frontale, jouant sur le contraste saisissant entre un chant rugueux et des guitares liquides aux échos prolongés. Entre ces deux pôles, les contributions de Dee Calhoun, Lizzy, Owls Over Oaks et Serpent Kiln dessinent une cartographie exhaustive du doom contemporain, de la mélancolie rampante aux déflagrations massives.

Sleep aujourd’hui

Figure important du stoner et du doom moderne, Sleep occupe une place à part dans l’imaginaire heavy des années 1990, avec un héritage qui dépasse largement le cadre de sa propre discographie. Le groupe a imposé un art du riff étiré jusqu’à la transe, une écriture obsédée par la répétition et un univers où se croisent science-fiction embrumée, mysticisme déviant et iconographie metal classique. Son œuvre concise continue d’irriguer toute la scène lourde actuelle, des caves les plus sombres aux grands festivals.

L’influence du trio se mesure autant à la prolifération de formations au tempo glaciaire qu’au succès durable de ses membres au sein de projets parallèles majeurs. En réunissant dix manières de faire résonner ces hymnes, ce recueil prouve à quel point ces compositions continuent d’inspirer les nouvelles générations de musiciens, laissant présager d’autres métamorphoses insoupçonnées.