
Dragonflies a dévoilé le clip de Slower, morceau d’ouverture de son premier album éponyme Dragonflies, qui sortira le 18 septembre 2026 chez Dark Horse Records / BMG. Le duo formé par Dhani Harrison et Nigel Godrich lance ainsi officiellement son nouveau projet, porté par une vidéo réalisée par RUFFMERCY, spécialiste de l’animation dessinée à la main.
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Sur le plan musical, le morceau d’ouverture se présente comme une pièce de space rock terrestre qui emprunte autant à la tradition des grooves organiques qu’aux textures électroniques et au trip-hop. La voix de Harrison, influencée par des figures comme Beth Gibbons, David Sylvian et Ryuichi Sakamoto, s’installe dans un registre contemplatif, parfois presque murmurant, qui renforce la dimension immersive du titre. Les lignes de guitare se superposent à des boucles sur bande magnétique construites en studio, donnant au morceau une structure à la fois répétitive et évolutive, où chaque motif semble répondre au précédent. Le rythme reste modéré, ce qui laisse de l’espace aux nuances du chant et aux détails d’arrangement, notamment dans la façon dont les nappes et les contrechants se déploient autour de la partie principale.
La production, assurée par Godrich, prolonge le travail qu’il a pu mener avec Radiohead, Beck ou IDLES, mais dans une configuration plus intime et expérimentale. Le titre doit beaucoup à la méthode adoptée dans le studio de Brixton, où les deux musiciens ont construit les morceaux à partir de boucles, en travaillant de manière rapide et instinctive. Cette approche donne à la composition une impression de mouvement fluide, comme un dialogue permanent entre la guitare, la voix et les éléments rythmiques. Les percussions additionnelles de Joey Waronker, compagnon de Godrich au sein d’Ultraísta et Atoms for Peace, ajoutent une dimension humaine aux structures répétitives, avec des grooves joués à la main qui évitent toute rigidité mécanique. Les arrangements de cordes signés David Campbell sur l’album, notamment sur In Between, indiquent la volonté du projet de travailler l’ampleur et la profondeur, et ce sens de la mise en espace sonore se ressent déjà dans la construction du morceau d’ouverture.
Dans les textes, la composition confirme une continuité thématique avec ce que Harrison explore depuis Innerstanding, en mêlant introspection, spiritualité et observation du monde contemporain. Le nom même du projet, Dragonflies, renvoie à la symbolique d’éveil spirituel associée aux libellules, que le chanteur décrit comme un signe de quelque chose de magique lorsqu’il en croise une. Cette idée d’éveil se retrouve dans la manière dont le titre joue sur des contrastes entre douceur vocale et tension diffuse, comme si la musique cherchait à capter un moment de bascule intérieure. Le morceau, premier extrait de l’album, fonctionne ainsi comme une porte d’entrée vers un univers où la recherche sonore sert un propos plus large sur la transformation et la perception.
Le clip qui accompagne la sortie du titre est réalisé par RUFFMERCY, animateur et réalisateur basé à Bristol, connu pour son style dessiné à la main aux accents psychédéliques. Fidèle à cette esthétique, la vidéo repose sur une animation impressionniste, où les traits, les couleurs et les formes semblent se répondre comme les boucles musicales du morceau. Le travail de RUFFMERCY, déjà remarqué sur des projets pour Nirvana, Earl Sweatshirt, The Chemical Brothers, Nas ou Run the Jewels, se met ici au service d’un clip qui renforce la dimension immersive du titre. Les images esquissées, les transitions fluides et les variations de densité graphique proposent une lecture visuelle de la musique, sans recourir aux clichés habituellement associés au psychédélisme. La vidéo s’articule autour de cette idée de mouvement continu, comme si chaque plan était une nouvelle variation sur le même motif, ce qui fait écho à la construction du morceau à partir de boucles et de textures en évolution.
Le choix d’un clip animé dessiné à la main confirme la volonté du projet de se tenir à distance d’un registre trop réaliste ou narratif, pour privilégier une expérience sensorielle globale. Les lignes instables, les couleurs changeantes et les effets de superposition donnent au clip une dimension presque tactile, qui accompagne la présence vocale et la densité de la production sans les illustrer littéralement. En confiant la réalisation à un artiste déjà associé à des univers visuels forts, le duo affirme aussi son intention de placer l’image dans son identité, comme un prolongement naturel de ses choix sonores. Le résultat est une vidéo où le travail du dessinateur rejoint celui du producteur, chacun proposant sa propre manière de plier le réel pour construire une atmosphère singulière.

Dragonflies
Dhani Harrison apparaît ici dans une position légèrement différente de ses projets précédents, après une carrière partagée entre albums solo, collaborations avec thenewno2 et Fistful of Mercy, et de nombreuses compositions pour le cinéma et la télévision. Après près de vingt ans en grande partie installés à Los Angeles, où il dirigeait thenewno2 tout en travaillant pour l’image, il est récemment revenu s’installer en Angleterre. Nigel Godrich, de son côté, est connu pour ses productions marquantes avec Radiohead, Beck ou IDLES, mais aussi pour son rôle au sein d’Atoms for Peace et Ultraísta. Il avait pris du recul par rapport aux tournées comme aux enregistrements, et c’est dans cette période plus calme que les deux musiciens ont trouvé le temps de explorer une nouvelle direction commune.
Le projet Dragonflies est né à la faveur de l’album Innerstanding, lorsque le guitariste a contacté le producteur pendant la période d’isolement liée à la pandémie pour lui demander conseil sur ce disque. La conversation s’est prolongée, jusqu’à l’idée de construire quelque chose ensemble. Godrich a invité Harrison dans son studio de Brixton, et les deux artistes ont commencé à bâtir des morceaux à partir de boucles sur bande magnétique, en travaillant vite et de manière instinctive. Cette méthode a conduit chacun sur un terrain inédit. Le chanteur, habituellement aux commandes de tous les aspects de ses projets derrière son ordinateur, s’est concentré cette fois sur son rôle de voix et de guitare, tandis que le producteur façonnait les morceaux en temps réel. Harrison décrit cette expérience comme une collaboration nécessitant beaucoup d’humilité et la présence d’une machine en face de lui, avec une idée très précise de ce qui doit être entendu. Le duo présente ainsi Dragonflies comme une musique immersive et ambitieuse, sans jamais tomber dans les clichés psychédéliques.
L’album éponyme Dragonflies, attendu le 18 septembre 2026 chez Dark Horse Records / BMG, rassemble cette recherche de formes hybrides entre space rock terrestre, grooves organiques et textures électroniques. Le disque a été principalement enregistré sur bande au studio de Brixton, ce qui ancre le projet dans une démarche de travail physique sur le son, loin d’une production entièrement numérique. Outre les contributions de Joey Waronker aux percussions et de David Campbell aux arrangements de cordes, l’album repose sur la complémentarité entre le jeu de guitare et la voix de Harrison, et la vision de studio de Godrich. Avec Slower en morceau d’ouverture, la formation pose les bases d’un univers où la libellule, symbole d’éveil spirituel, devient une image centrale de la trajectoire artistique des deux musiciens. Le projet s’inscrit ainsi dans une continuité avec les travaux passés de chacun, tout en cherchant une nouvelle manière de faire dialoguer sensibilité mélodique, profondeur sonore et vision.

