Rarement un groupe de post-metal aura autant incarné le mouvement, la mutation et la remise en question que The Ocean. Plus de vingt ans après sa création, le collectif allemand traverse aujourd’hui l’une des périodes les plus décisives de son histoire. Entre départs majeurs et reconstruction artistique, le groupe prépare un nouvel album attendu pour le second semestre 2026, symbole d’un renouveau aussi nécessaire qu’assumé.
La fin d’un cycle
L’annonce a marqué les esprits : Loïc Rossetti, voix emblématique de The Ocean depuis 2009, a quitté le groupe après plus de quinze ans d’une collaboration intense. Son timbre, à la fois habité et versatile, avait accompagné certaines des œuvres les plus marquantes du collectif. Avant lui, le batteur Paul Seidel et le guitariste David Ramis Åhfeldt avaient également tiré leur révérence. En l’espace de quelques mois, c’est toute une formation devenue familière aux fans qui s’est disloquée.
Si ces départs ont naturellement nourri inquiétudes et spéculations, The Ocean a toujours insisté sur une séparation sans heurts, dictée par des trajectoires personnelles divergentes plutôt que par des tensions internes. Une fin de cycle, plus qu’une rupture brutale.
Robin Staps, l’architecte toujours debout
Dans cette période d’incertitude, un nom reste indissociable de The Ocean : Robin Staps. Fondateur, compositeur et véritable cerveau du projet, Staps incarne depuis l’origine la vision artistique du groupe. Pour lui, The Ocean n’a jamais été une formation figée, mais un collectif évolutif, capable d’absorber les changements sans perdre sa colonne vertébrale.
Entouré notamment du bassiste Mattias Hägerstrand, il a entamé une phase de reconstruction progressive, intégrant de nouveaux musiciens et testant cette nouvelle dynamique sur scène. Le message est clair : The Ocean continue, autrement.
Un album comme déclaration d’intention
Le prochain album, actuellement en fin d’enregistrement, s’annonce comme une œuvre charnière. D’une durée conséquente, fidèle à l’approche immersive du groupe, il ne cherche pas à rassurer en reproduisant des formules connues. Au contraire, il se présente comme un album de transition, façonné par le contexte humain et émotionnel dans lequel il est né.
Conceptuel, dense et introspectif, ce disque devrait prolonger les thématiques chères à The Ocean — science, nature, condition humaine — tout en intégrant de nouvelles textures et une énergie renouvelée. Une façon d’affirmer que le groupe ne regarde pas en arrière, mais vers l’avant.
L’identité The Ocean, intacte mais transformée
Malgré les bouleversements, l’essence du projet semble préservée. Depuis ses débuts, The Ocean s’est distingué par sa capacité à évoluer, à changer de visage sans renier son identité. Les fans de longue date le savent : l’histoire du groupe est jalonnée de métamorphoses, parfois radicales, toujours assumées.
Ce nouvel album s’inscrit dans cette continuité. Il ne s’agit pas de remplacer des membres, mais de redéfinir un équilibre, de laisser émerger une nouvelle voix collective tout en conservant l’ADN post-metal progressif qui a fait la réputation du groupe.
Cap sur 2026
À l’aube de cette nouvelle ère, The Ocean avance avec une certaine retenue, préférant laisser la musique parler d’elle-même. D’ici la sortie prévue en 2026, le groupe promet de nouvelles annonces, notamment concernant le line-up définitif et les projets scéniques à venir.
Après la tempête, The Ocean ne cherche pas à retrouver la terre ferme : il choisit de continuer à naviguer, porté par cette conviction qui l’anime depuis toujours — celle qu’un groupe vivant est avant tout un groupe en mouvement.


