
Parasite marque le retour frontal de HURAKAN. Le quintet amiénois dévoile ce 26 juin un nouveau single clippé, prélude d’un album annoncé pour l’automne 2026. Entre brutal deathcore assumé, énergie brute canalisée et tension émotionnelle à vif, la formation continue de transformer le mal-être contemporain en un choc physique, le tout mis en images par le réalisateur Brice Hincker.
Parasite


Dès les premières secondes, le titre écrase l’auditeur sous un mur de guitares saturées, de dissonances tranchantes et de syncopes rythmiques qui jouent sur la frontière entre chaos et contrôle. La batterie alterne blasts implacables et cassures très sèches, créant une dynamique d’aspiration permanente où chaque silence semble prêt à exploser. Le chant, partagé entre growls abyssaux et hurlements écorchés, rend palpable l’idée d’une menace qui prolifère de l’intérieur. Le groupe s’empare de la figure du parasite comme métaphore de l’humanité, décrite comme un organisme prédateur qui se nourrit de la planète jusqu’à provoquer son propre effondrement. Les paroles évoquent une contamination lente nourrie par la pollution et la destruction des écosystèmes, installant l’impression d’un engrenage irréversible que personne ne contrôle.
La production insiste sur les contrastes: couches de guitares épaisses, lignes de basse massives et respirations atmosphériques qui installent une sensation d’étouffement lucide. Le morceau n’empile pas la brutalité pour la forme, il l’utilise comme un vecteur d’extraction, comme si chaque accélération servait à expulser la tension accumulée. Dans le clip, tourné dans un décor industriel déserté, un personnage unique traverse plusieurs états, devenant successivement source, réceptacle puis vecteur d’un mal invisible. Le parasite se laisse deviner dans les matières, les fluides et les gestes, tandis que le corps devient le lieu de passage de cette contamination.
HURAKAN aujourd’hui
Le groupe s’est formé en 2017 à Amiens avec une idée claire: pousser le deathcore vers une noirceur plus introspective. Trois albums ont déjà posé les fondations de leur discographie, de Multiversal Entities of Abhorrent Hatred à Via Aeterna, ce dernier ayant également été décliné en version instrumentale pour souligner la construction minutieuse de leurs architectures sonores. Sur scène, la formation a bâti une solide réputation en France et en Europe en multipliant les dates aux côtés de références extrêmes comme Aborted, Dark Tranquillity, Unearth, Suffocation, Benighted ou Stillbirth. Ce parcours a fédéré une communauté fidèle qui cherche autant la violence physique du pit que la dimension cathartique d’une musique conçue pour canaliser les démons intérieurs. Les prochains mois s’annoncent chargés avec une série de concerts de Gravigny à Zurich, en passant par Tours, Liège, Rezé, Lorient et Savigny-le-Temple pour une release party très attendue. Reste à savoir jusqu’où cette catharsis contrôlée pourra emmener la formation sur la scène extrême européenne.

