Frank Beard est mort : le batteur de ZZ Top s’éteint à 77 ans
Frank Beard est mort : le batteur de ZZ Top s’éteint à 77 ans

Frank Beard est mort : le batteur de ZZ Top s’éteint à 77 ans

Frank Beard est mort : le batteur de ZZ Top s’éteint à 77 ans

Frank Beard, le batteur historique de ZZ Top, est mort le 17 août 2026 à l’âge de 77 ans. Pendant 56 ans, il avait formé avec Billy Gibbons et Dusty Hill l’un des trios les plus reconnaissables de l’histoire du rock. Le musicien est décédé dans son ranch de Richmond, au Texas, alors qu’il recevait des soins palliatifs et que sa famille se trouvait à ses côtés. La cause exacte de sa mort n’a pas été révélée.

Quelques jours auparavant, ZZ Top avait annoncé que Frank Beard quittait temporairement la tournée du groupe pour raisons de santé. Le batteur Michael Monahan avait alors été appelé pour le remplacer. Un concert prévu au Hollywood Bowl de Los Angeles avait également été annulé.

Après l’annonce de sa disparition, ZZ Top a annulé ses concerts de Salt Lake City et Colorado Springs. Billy Gibbons et Elwood Francis ont toutefois décidé de poursuivre la tournée, comme Frank Beard l’aurait souhaité.

Frank Beard, le seul membre de ZZ Top sans longue barbe

Frank Lee Beard naît le 11 juin 1949 à Frankston, au Texas, avant de grandir à Irving, dans la région de Dallas. Il commence à jouer de la batterie durant son adolescence et fait rapidement ses armes dans plusieurs groupes locaux.

C’est également à cette époque qu’il rencontre Dusty Hill. Les deux musiciens jouent ensemble au sein de différentes formations, dont les Cellar Dwellers, les Warlocks et American Blues. Ils auront également l’occasion d’accompagner le bluesman texan Lightnin’ Hopkins.

À la fin des années 1960, Frank Beard rejoint Billy Gibbons, qui cherche alors à construire une nouvelle section rythmique. Beard lui recommande Dusty Hill. Le trio qui va faire entrer ZZ Top dans l’histoire est en place.

Le hasard voulait que Frank Beard soit pourtant le seul des trois à ne pas arborer l’immense barbe devenue indissociable de l’image du groupe. Billy Gibbons et Dusty Hill en feront une véritable signature visuelle tandis que leur batteur conservera surtout sa moustache. Avec un nom comme « Beard », qui signifie « barbe » en anglais, l’ironie n’avait évidemment échappé à personne.

« La Grange », « Tush », « Legs » : Frank Beard derrière les classiques de ZZ Top

Le premier album de ZZ Top, ZZ Top’s First Album, paraît en 1971. Mais c’est véritablement avec Tres Hombres, sorti en 1973, que le groupe change de dimension.

On y trouve notamment La Grange, devenu l’un des morceaux emblématiques du trio. Son shuffle immédiatement reconnaissable résume une bonne partie de ce qui fera la force de ZZ Top : une guitare massive, une section rythmique sans fioritures et un groove directement nourri par le blues texan.

Frank Beard est au cœur de cette mécanique. Là où d’autres batteurs auraient pu chercher à remplir l’espace, lui savait justement quand ne pas en faire trop. Sa batterie servait la guitare de Billy Gibbons et formait avec la basse de Dusty Hill une section rythmique d’une redoutable efficacité.

Les années 1970 apportent au groupe d’autres classiques, parmi lesquels Tush , Cheap Sunglasses ou encore I’m Bad, I’m Nationwide . ZZ Top devient progressivement l’un des grands noms du rock américain.

Avec « Eliminator », ZZ Top conquiert MTV et les années 1980

Le groupe réussit ensuite quelque chose que peu de formations issues du blues-rock des années 1970 parviennent à accomplir : se réinventer sans perdre son identité.

En 1983, Eliminator propulse ZZ Top auprès d’un public encore plus large. Gimme All Your Lovin’ , Sharp Dressed Man et Legs deviennent des tubes tandis que les clips du groupe tournent massivement sur MTV.

Les guitares de Billy Gibbons côtoient désormais boîtes à rythmes, synthétiseurs et une production beaucoup plus moderne. Derrière cette évolution, Frank Beard conserve ce qui a toujours constitué l’une de ses grandes qualités : le sens du tempo et du groove.

Eliminator devient l’album le plus célèbre de ZZ Top et installe définitivement les trois Texans parmi les icônes du rock. Au cours de sa carrière, le groupe vendra plus de 50 millions de disques et sera intronisé au Rock and Roll Hall of Fame en 2004.

Frank Beard, le métronome discret de ZZ Top

Frank Beard n’a jamais été le membre le plus démonstratif de ZZ Top. Sur scène comme dans les médias, Billy Gibbons attirait naturellement davantage l’attention. Mais derrière sa batterie, Beard était indispensable à l’équilibre du trio.

Son jeu reposait sur un backbeat solide, une frappe précise et cette capacité à installer un groove sans chercher à prendre le dessus sur les autres instruments. Une simplicité seulement apparente, devenue l’une des signatures de ZZ Top.

Sa carrière n’a pas été exempte de périodes difficiles. À la fin des années 1970, alors que le succès du groupe est déjà considérable, Frank Beard connaît notamment des problèmes de dépendance avant de se soigner. Il retrouvera ensuite ZZ Top pour participer à la période la plus commerciale de son histoire.

En 2002, une appendicite l’avait contraint à interrompre temporairement une tournée. Plus récemment, plusieurs problèmes de santé l’avaient de nouveau éloigné de la scène par périodes.

Billy Gibbons, dernier membre du trio historique de ZZ Top

La mort de Frank Beard survient cinq ans après celle de Dusty Hill, disparu le 28 juillet 2021 à l’âge de 72 ans. Le bassiste avait alors souhaité qu’Elwood Francis, technicien guitare historique du groupe, prenne sa place sur scène.

Billy Gibbons est désormais le dernier survivant du trio historique de ZZ Top.

Dans son hommage à Frank Beard, le guitariste a salué un ami, un collaborateur et l’un des batteurs les plus naturellement inventifs qu’il ait connus. Il a surtout rappelé combien son célèbre backbeat avait été essentiel à l’identité du groupe.

ZZ Top a choisi de continuer. Une manière de prolonger l’histoire d’un groupe auquel Frank Beard aura consacré pratiquement toute sa vie et dont quelques coups de caisse claire suffisent encore à faire reconnaître certains des plus grands classiques du rock américain.