AUDREY HORNE – ACHILLES
AUDREY HORNE – ACHILLES

AUDREY HORNE – ACHILLES

Le hard rock a encore quelques flèches en réserve

Avec Achilles, Audrey Horne confirme son attachement à un hard rock mélodique, puissant et racé, puisant dans l’héritage des grandes formations des années 1970 et 1980 sans tomber dans la simple nostalgie. Riffs incisifs, guitares harmonisées, refrains fédérateurs et arrangements soignés : les Norvégiens maîtrisent leur sujet et démontrent une nouvelle fois qu’ils comptent parmi les formations les plus solides de la scène hard rock scandinave.

Musicalement, l’album s’appuie sur une recette éprouvée, quelque part entre les harmonies de Thin Lizzy, les envolées d’Iron Maiden et l’efficacité du hard rock classique. Mais Audrey Horne ne se contente pas d’aligner les références. Le groupe sait les digérer pour construire des compositions cohérentes, portées par une véritable maîtrise instrumentale et un sens aigu de la mélodie. Les guitares occupent naturellement le premier plan, alternant riffs accrocheurs, harmonisations élégantes et solos privilégiant toujours l’expressivité à la démonstration technique.

Le morceau-titre, plus ambitieux et sombre, apporte une dimension supplémentaire à l’ensemble. Sa construction plus développée et son propos autour des divisions et de la logique du « nous contre eux » témoignent d’une volonté d’aller au-delà du simple exercice de style. À ses côtés, « God Damn Beautiful » mise sur le groove, « Insanity » privilégie l’énergie et l’efficacité, tandis que « New Star Falling » laisse davantage de place à la mélodie et à l’émotion. Cette diversité contribue à l’équilibre d’un album qui évite de se perdre dans une succession de morceaux interchangeables.

Reste une réserve : à force de maîtriser parfaitement ses codes, Audrey Horne frôle parfois la prévisibilité. Certaines compositions semblent emprunter des chemins familiers et auraient gagné à s’aventurer davantage hors des sentiers balisés. Rien de rédhibitoire, mais cette impression limite quelque peu la portée d’un disque qui convainc davantage par sa solidité et son savoir-faire que par une véritable prise de risque.

Au final, Achilles s’impose comme un album de confirmation, généreux et parfaitement exécuté, qui rappelle toute la pertinence d’un hard rock traditionnel lorsqu’il est servi par de véritables musiciens. Sans révolutionner le genre, Audrey Horne livre une collection de morceaux accrocheurs, élégants et taillés pour la scène. Les amateurs de guitares jumelles et de refrains fédérateurs y trouveront largement leur compte.

  1. Achilles – 5:36
  2. In the Eye of the Hurricane – 4:47
  3. Vampires – 4:00
  4. God Damn Beautiful – 3:39
  5. Pretty Little Lies – 5:02
  6. Prodrome – 1:03
  7. Insanity – 4:24
  8. Hell Is Eternity – 3:39
  9. Six Feet in the Ground – 3:46
  10. Running Through the Night – 3:48
  11. New Star Falling – 4:31