PIRATE QUEEN – Travelling Around The World : moussaillon, il y a du riff dans l’air !
PIRATE QUEEN – Travelling Around The World : moussaillon, il y a du riff dans l’air !

PIRATE QUEEN – Travelling Around The World : moussaillon, il y a du riff dans l’air !

Du power metal, des pirates, une bonne dose de grandiloquence et un équipage qui n’a pas froid aux yeux : Pirate Queen repart à l’abordage avec Travelling Around The World. Mais derrière les costumes, les légendes et les grands airs de conquête, le trésor est-il vraiment au rendez-vous ? Pas si simple. Si quelques morceaux sortent les canons, d’autres tournent un peu trop en rond. Allez, on embarque !

Pirate Queen, c’est un concept qui ne fait pas dans la demi-mesure. Des musiciennes aux pseudonymes dignes d’une saga fantastique, un univers pirate assumé jusqu’au bout des cordages et du power metal à la pelle. Après Ghosts, le groupe remet le couvert avec huit nouveaux morceaux et une ambition toujours aussi claire : nous faire voyager sans quitter notre fauteuil. Pavillon hissé, sabres dégainés, le décor est planté. Reste à voir si le navire tient la distance.

Premier constat : Pirate Queen ne cherche pas à réinventer la poudre. Ici, on aime les mélodies qui claquent, les refrains qui s’accrochent aux neurones et les arrangements qui voient les choses en grand. Ça tombe bien, c’est précisément ce qu’on attend d’une formation qui revendique l’aventure et le spectacle. Mais attention à ne pas confondre grand spectacle et grand album !

« William Kidd » sort l’artillerie lourde

Après une mise en bouche avec « Arrival Of The Queen », « Sailing Around The World » largue les amarres. Du power metal mélodique, une énergie immédiatement identifiable et une volonté manifeste de fédérer : la recette est connue, mais elle fonctionne. On est en terrain familier, avec ce petit parfum de bande-son d’aventure qui colle parfaitement à l’identité du groupe.

C’est toutefois avec « William Kidd » que les choses deviennent franchement intéressantes. En convoquant le célèbre pirate écossais, Pirate Queen trouve un sujet taillé sur mesure pour son univers. Le morceau possède ce supplément d’allant qui permet au concept de dépasser le simple décorum. Ça avance, ça accroche et ça donne envie de monter sur le pont pour brailler le refrain. Voilà le genre de titre qui justifie pleinement l’existence du projet !

Dommage que la suite ne maintienne pas toujours le même cap. « Ciudad De Tacoronte » tente de changer de décor avec ses références hispanisantes, mais l’effet retombe assez vite. L’idée de varier les couleurs est bonne ; encore faut-il que la composition suive. Ici, la répétition finit par prendre le dessus et l’on se surprend à attendre la prochaine escale. Le dépaysement, c’est bien. Le surplace, beaucoup moins.

Cap sur la fantasy, mais gare aux eaux dormantes !

Avec « Her Majesty Captain Destiny Grieflord », on retrouve tout ce qui fait le charme — et parfois les limites — de Pirate Queen. Le titre à rallonge annonce une nouvelle aventure digne d’un jeu de rôle, avec son personnage haut en couleur et son univers soigneusement balisé. Sur le papier, c’est du pain bénit pour les amateurs de metal fantastique. À l’écoute, pourtant, la magie opère moins franchement. Le concept est là, l’emballage aussi, mais la composition peine à laisser une empreinte durable.

Même constat en partie sur « Lyxion », qui développe la mythologie propre au groupe. L’univers est sympathique, les intentions sont claires, mais certaines mélodies manquent de mordant. Et c’est précisément là que Pirate Queen doit progresser : les noms improbables et les récits fantastiques ne suffisent pas à faire de chaque morceau un hymne. Il faut aussi des riffs qui vous sautent à la gorge et des refrains capables de survivre à plusieurs écoutes.

Heureusement, « Lyxion » possède suffisamment d’énergie pour relancer la machine. Le morceau retrouve une dynamique plus convaincante et rappelle que le groupe a les moyens de faire mieux que dérouler son folklore. On aimerait simplement que cette étincelle embrase davantage l’album.

« Shanty », la bonne surprise dans la cale

Et puis débarque « Shanty ». Court, plus sombre, moins prévisible, le morceau change agréablement l’atmosphère. La présence d’une voix masculine apporte un contraste bienvenu et donne à cette parenthèse maritime une couleur plus rugueuse. Pour une fois, Pirate Queen desserre un peu les boulons du power metal et laisse respirer son univers.

Résultat : en moins de deux minutes, le groupe réussit à piquer la curiosité. Pas besoin d’en faire des tonnes pour installer une ambiance ; il suffit parfois d’une bonne idée et d’un arrangement qui sort des sentiers battus. « Shanty » donne même envie de voir Pirate Queen explorer davantage ce versant plus sombre et folklorique. Il y a là une piste intéressante à creuser pour la suite.

Le voyage s’achève avec « On The Sea », qui remet le paquet sur les mélodies épiques et les grandes envolées. Le morceau remplit son contrat, avec une conclusion qui retrouve l’ampleur attendue. Ce n’est pas forcément le coup de canon qui fera chavirer toute la flotte, mais c’est une façon cohérente de refermer l’aventure.

Pirate Queen : encore un trésor à déterrer

Alors, naufrage ou traversée réussie ? Ni l’un ni l’autre. Travelling Around The World est un album contrasté, avec de vrais moments d’efficacité et quelques passages qui donnent l’impression de naviguer à vue. « William Kidd » fait mouche, « Shanty » apporte une respiration bienvenue et « On The Sea » conclut l’expédition avec un panache appréciable. En revanche, « Ciudad De Tacoronte » et « Her Majesty Captain Destiny Grieflord » peinent à transformer leurs bonnes intentions en morceaux réellement marquants.

Le changement de chanteuse, avec l’arrivée d’Her Majesty Elizabeth Noir Nuit, apporte une approche plus directe à l’ensemble. Mais le véritable défi reste ailleurs : Pirate Queen doit maintenant muscler son écriture, varier davantage ses arrangements et trouver cette poignée de refrains capables de faire la différence dans une scène power metal déjà bien encombrée.

Car oui, le groupe a de la personnalité, un concept qui tient debout et un univers suffisamment délirant pour attirer l’attention. Mais entre enfiler un costume de pirate et devenir le capitaine du navire amiral, il reste encore quelques milles nautiques.

Verdict : Pirate Queen a le pavillon, les sabres et le goût de l’aventure. Il lui manque encore quelques hymnes imparables pour transformer l’essai. Une traversée sympathique, ponctuée de bonnes trouvailles, mais dont on aurait aimé que les canons tonnent plus souvent. À l’abordage, donc… mais on attend la prochaine cargaison avec davantage de poudre !

Tracklist – Travelling Around The World

  1. Arrival Of The Queen
  2. Sailing Around The World
  3. William Kidd
  4. Ciudad De Tacoronte
  5. Her Majesty Captain Destiny Grieflord
  6. Lyxion
  7. Shanty
  8. On The Sea