
Avec Erased de Sylosis, deuxième salve d’un album déjà pressenti comme l’un des séismes metal de 2025, Josh Middleton et ses acolytes ne se contentent pas d’un simple single. Ils assènent un coup de scalpel dans le vernis numérique de notre époque. Composé dans l’urgence créative de la fin des sessions de The New Flesh, ce titre condense en quatre minutes l’angoisse de l’effacement de soi, la fureur physique du thrash et la froideur clinique d’un futur saturé de données.
Erased
Dès les premières mesures, Erased installe un climat de machine en surchauffe. Les rythmiques syncopées et les guitares tranchantes comme des scies circulaires créent une tension qui refuse toute libération immédiate. Middleton, maître d’œuvre au chant comme à la six-cordes, navigue entre rigueur chirurgicale et chaos maîtrisé, enchaînant riffs palm-mute compressés et contre-mélodies nerveuses. La production, pilotée par Middleton lui-même et co-produite par Scott Atkins, place une batterie massive mais lisible au cœur du mix, tandis que la basse fusionne avec les guitares pour former un bloc compact, presque étouffant. Loin de la démonstration technique gratuite, chaque motif sert ici une trajectoire émotionnelle brute, ancrée dans un thrash moderne mâtiné de death mélodique.
Le refrain marque le sommet de cette architecture sonore, s’imposant comme l’un des plus hymniques du répertoire récent du groupe. La voix s’ouvre sans perdre sa rugosité, portant une mélodie qui survole l’agression sans céder à la facilité. Le texte, hanté par l’obsolescence humaine dans un monde régi par le binaire, trouve son écho dans le clip de Pavel Trebukhin. Le réalisateur traduit cette violence froide par des images saturées de textures organiques et de motifs quasi liturgiques, entre visages fracturés et chair recomposée. La photographie joue sur des contrastes violents, injectant des rouges sanguins dans des lumières blafardes, comme pour matérialiser cette new flesh promise par le titre de l’album, un corps glorifié mais vidé de sa substance.
Sylosis aujourd’hui
Formé à Reading au milieu des années 2000, Sylosis s’est forgé une identité singulière au confluent du thrash, du death mélodique et d’un songwriting résolument contemporain. Sous l’impulsion de Josh Middleton, le groupe a su éviter l’écueil de la complexité stérile pour bâtir un langage hybride, où l’héritage de la Bay Area rencontre une architecture de morceaux pensée pour l’impact immédiat.
L’album A Sign Of Things To Come , paru en 2023, marquait déjà une volonté de sortir de la niche technique. Ce disque agissait comme une réinitialisation après les années de transition durant lesquelles Middleton officiait également au sein d’Architects. On y décelait un goût affirmé pour les structures massives et les refrains taillés pour la scène, une direction que The New Flesh, attendu pour le 20 février 2025 chez Nuclear Blast, radicalise avec une densité rythmique accrue.
En 2026, Sylosis abordera son nouveau cycle avec le statut de valeur sûre, capable de concilier brutalité et lisibilité pour une nouvelle génération de fans. Le quatuor entamera une tournée européenne d’envergure début 2026, passant par l’Oberhausen Kulttempel, le Gruenspan de Hambourg ou encore le Kentish Town Forum à Londres. La France accueillera cette déflagration à Lyon, dans la salle Rayonne, un écrin idéal pour éprouver l’impact physique de morceaux comme Sylosis – Erased .
Le groupe s’envolera ensuite pour l’Amérique du Nord en avril et mai 2026, partageant l’affiche avec Bleed From Within et Great American Ghost dans des lieux emblématiques comme le Gramercy Theatre de New York. Cette dynamique confirme que Sylosis, tout en restant fidèle à ses racines extrêmes, possède désormais l’envergure nécessaire pour redéfinir le metal moderne à grande échelle.


