
Madison Beer ressurgit en ce début 2026 avec bad enough , un single viscéral extrait de son album locket , qui dissèque l’addiction amoureuse sans fard. Ce morceau, sorti sous l’égide d’Epic Records et Sing It Loud, frappe par sa confession brute: rester dans une relation toxique parce que la douleur n’est pas encore assez mauvaise pour partir. Dans un clip sobre et immersif, Beer incarne cette ambivalence avec une intensité qui rappelle ses débuts prometteurs, confirmant son passage de teen star à auteure pop mature.
bad enough
Le refrain martèle son urgence avec un « Go, go, go / It’s not bad enough to let my baby go » qui s’accroche comme un mantra pervers, porté par une production tendue où des synthés éthérés enveloppent une basse sournoise et un tempo mid-tempo autour de 100 bpm, créant une ambiance de piège douillet. Les paroles creusent le paradoxe d’une narratrice piégée par l’habitude, « Taken but it’s holding me back / And I feel kinda bad about that » –, où l’attachement l’emporte sur la raison, malgré les amis qui pointent des standards trop bas. Le clip, minimaliste, montre Beer dans des intérieurs confinés, regards caméra hantés et gestes las, renforçant cette mécanique d’enfermement émotionnel sans pathos excessif, avec une lumière tamisée qui accentue la vulnérabilité.
La dynamique évolue au bridge, où les regrets explosent, « I wish I didn’t have to hate him / I’d walk away, and I would be okay » –, avec des harmonies vocales superposées qui fissurent la façade, avant un retour au refrain plus désespéré. Côté son, le producteur mise sur des textures R& B contemporaines, beats feutrés et reverb sur la voix pour un effet confessional, évoquant une SZA plus pop. Ce n’est pas une révolution, mais une exécution impeccable qui rend palpable le tiraillement entre coeur et logique, rendant bad enough inoubliable par sa précision chirurgicale.
Madison Beer aujourd’hui
Issue d’une exposition précoce via Justin Bieber qui la repère à treize ans sur YouTube, Madison Beer émerge dans la pop-R& B avec une voix souple et un charisme magnétique, forgé dans l’ombre des teen idols mais vite affirmée par des EP introspectifs. Son esthétique oscille entre ballades éthérées et hooks accrocheurs, naviguant un univers où vulnérabilité rime avec empowerment feint.
Son dernier album, locket , paru en 2025, marque un tournant décisif: après le succès de Silence Between Songs (2023), il approfondit les thèmes de l’intimité brisée avec une production plus audacieuse, mêlant électro-pop et acoustique épurée. Ces concerts, après une année de promotion intense, promettent des sets immersifs où ses hits récents comme bittersweet et make you mine côtoieront des inédits.
Elle enchaînera avec des passages à Los Angeles (Dodger Stadium, 5 avril) et Tokyo (Budokan, 15 mai), consolidant son statut de tête d’affiche globale. Dans le paysage pop actuel, Madison Beer occupe une place singulière, entre héritage digital et maturité affirmée, loin des one-hit wonders, prête à dominer les charts avec cette nouvelle ère introspective.


