Miniature du clip de Second Touch - Disponible //
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Ziyad Al-Samman dévoile le clip de Second Touch, extrait d’Elastic

Ziyad Al-Samman dévoile le clip de Second Touch, extrait d’Elastic

Artiste : Second Touch

Genre musical : Rock, Pop

Ziyad Al-Samman dévoile le clip de Second Touch ce 30 octobre, nouvel extrait de son premier album Elastic . Le chanteur anglo-syrien confirme sa mue electro-pop avec un titre qui regarde autant vers la pop britannique des années 2010 que vers un imaginaire rétro-futuriste.

Second Touch

Ziyad Al-Samman dévoile le clip de Second Touch, extrait d’Elastic

Sur ce morceau, la pop d’aujourd’hui dialogue avec l’indie britannique des années 2010. La rythmique s’articule autour d’un motif de batterie vif et métronomique, nourri par les grooves dansants popularisés par les formations néo-psychédéliques comme Klaxons, mais réinjectés ici dans un cadre electro-pop. Les frappes, sèches et légèrement compressées, sont traitées comme un élément mélodique à part entière: elles structurent la composition autant qu’elles la propulsent, jouant sur des micro-accents qui donnent à l’ensemble un mouvement permanent. Au-dessus, la guitare adopte un rôle hybride, à mi-chemin entre motif lead et nappe texturale. Le solo central, construit sur une saturation modérée et des délais courts, inscrit le titre dans une esthétique rétro-futuriste qui rappelle une guitare de club new wave projetée dans un environnement de bedroom pop digitale. Les lignes de voix s’appuient sur une topline très directe, dans la droite ligne de la pop lumineuse aux contours nets que Two Door Cinema Club a imposée à l’époque de Sempiternal. La mélodie se déploie avec une fragilité assumée: la voix se situe à la frontière entre contrôle et débordement, ce qui donne au refrain une tension particulière.

La production refuse le clinquant facile, évitant la disco édulcorée et les hooks trop évidents. Tom Andrews, qui a travaillé sur le disque, pousse le morceau vers un registre plus nerveux en jouant sur la distorsion des textures. Les synthétiseurs grésillent légèrement dans les aigus tandis que les basses électroniques se déforment à chaque relance. Le mixage exploite cette rugosité pour créer une sensation de tension constante, sans jamais basculer dans l’agressivité. La structure reste classique (couplet, pré-refrain, refrain), mais chaque section introduit une variation: un délai vocal plus prononcé, une ligne de synthé qui se dédouble ou un contre-chant de guitare discret. À l’écoute, la composition se déroule comme une scène de nuit urbaine, traversée par des éclats de lumière et des ombres brusques, portée par le fil thématique des amours perdus.

Cette attention aux détails se retrouve dans la gestion de l’espace sonore. Les éléments percussifs occupent un champ stéréo très large, laissant la voix se placer frontalement au centre, presque mise à nu. Le tempo, vif sans être hystérique, maintient l’énergie à un niveau qui évoque la danse sans l’imposer. On est dans une pop de mouvement intérieur: chaque relance de batterie agit comme un battement de cœur accentué, chaque montée de guitare comme un flux de souvenirs, sans que cette dimension émotionnelle ne soit trop appuyée. Le morceau s’inscrit ainsi dans la continuité de l’album, où la vulnérabilité n’est pas arrondie mais exposée, portée par des arrangements qui acceptent la tension comme moteur principal.

Pour le clip, l’artiste s’appuie sur la complicité de son ami Jake P. Plutôt que de raconter une histoire linéaire, la vidéo soumet Londres au rythme du morceau. La capitale britannique est saisie par une caméra qui privilégie les lignes de force, les angles et les surfaces, transformant la ville en un vaste tableau géométrique traversé par les impulsions de la batterie. Les plans se succèdent en cadence avec les frappes, convertissant les rues, les ponts et les immeubles en fragments de patterns visuels. Chaque coup de caisse claire semble trouver son écho dans un angle de façade, chaque roulement dans un défilement de feux de signalisation ou de néons.

L’hommage au style graphique de Gaspard Augé et de Justice se perçoit dans l’usage de la composition. La lumière, très contrastée, rappelle ces imageries electro où les volumes sont sculptés par des faisceaux lumineux plutôt que par un éclairage homogène. On retrouve ce goût pour les diagonales, les perspectives accentuées et les couleurs saturées qui donnent aux scènes urbaines une dimension presque abstraite. Londres n’est plus seulement un décor, c’est un ensemble de formes, de lignes et de surfaces métalliques ou vitrées que la caméra découpe en séquences brèves. Les mouvements rapides évitent la virtuosité vide et répondent directement au tempo du morceau, comme si le montage était calé sur la grille rythmique.

La mise en scène joue aussi sur une tension entre proximité et distance. Certains plans se rapprochent des détails (un visage à peine entrevu, une main, un reflet) tandis que d’autres prennent de la hauteur pour capter des axes de circulation, des perspectives fuyantes et des carrefours. Cette variation donne au clip une dimension cartographique, où la ville est explorée par fragments. Le personnage principal, rarement au centre de l’image, se fond dans le flux urbain: l’artiste apparaît davantage comme un observateur que comme un protagoniste. Cette position renforce le propos du titre, centré sur les amours perdues et les secondes chances, figurant une errance dans une ville-monde où chaque coin de rue pourrait être un point de bascule.

Le montage, nerveux mais lisible, privilégie les connexions visuelles: un angle de bâtiment répond à un motif de carrefour, un reflet nocturne trouve sa rime dans un intérieur éclairé au néon. La caméra exploite les rythmes propres à Londres (circulation, métro, passages piétons) et les recode selon le tempo de la musique. On n’est pas dans une simple illustration de paroles, mais dans une traduction en images de la sensation rythmique du morceau. Au fil des plans, la ville apparaît comme un organisme pulsant, composé de géométries et de flux, s’imposant comme une extension visuelle du travail sonore d’Elastic.

Ziyad Al-Samman aujourd’hui

Ziyad Al-Samman dévoile le clip de Second Touch, extrait d’Elastic

Derrière ce projet, Ziyad Al-Samman arrive à un moment charnière de son parcours. Installé à Londres, il s’est fait remarquer ces dernières années par une série de singles où la pop se frottait déjà à l’indie et à des textures plus rugueuses, comme sur I Can’t Behave, Hard to Say ou Dark Horse. Ces morceaux installaient une écriture mélodique très directe, capable de produire des refrains immédiatement mémorisables, tout en se permettant des détours sonores moins consensuels: ruptures de dynamique, saturations contrôlées et détournements de codes indie-pop. Avec Elastic, cette démarche se cristallise dans un premier long format qui refuse les raccourcis, préférant pousser la logique de tension au bout.

Le disque se construit autour de cette idée d’élasticité: la musique s’étire entre glam, alt-pop et influences industrielles, sans se figer dans une identité unique. L’artiste évoque lui-même un refus du langage facile de l’indie disco, encouragé par son producteur Tom Andrews qui l’a incité à abandonner les réflexes trop familiers pour explorer des terrains plus instables. Les morceaux se comportent comme des scènes, chacun jouant une variation sur la tension, l’effondrement et la reconstruction. Yallah avance dans une pression continue avant de se dissoudre dans une forme quasi cinématographique, tandis que Wake Up et Deep tordent les codes pop, manipulant les refrains pour les faire dériver vers des structures plus étranges et moins prévisibles.

Ziyad Al-Samman dévoile le clip de Second Touch, extrait d’Elastic

Le disque convoque des fantômes sans jamais s’y reposer: on perçoit l’univers narratif et visuel de Gorillaz, la logique pop tordue de MGMT ou encore une abrasion sourde qui renvoie à Trent Reznor, mais ces références servent davantage de repères que d’ancrages. Chaque morceau explore un angle différent: The Top fait basculer la matière vers une forme de Britpop excessive, presque bravache, quand What You Gonna Do? pousse la pop vers une zone plus funk et rugueuse de l’intérieur. The Wave distord l’intimité à travers un micro d’interphone cassé, transformant une scène très personnelle en fragment sonore distant, comme si le lien affectif passait par un canal parasité. Plus loin, Baby RU Wasting UR Time réduit tout à un piano et une voix, exposée, presque inconfortable dans sa clarté.

Dans ce parcours, My Heart Is A Racing Car et le titre mis en avant aujourd’hui maintiennent la vulnérabilité au centre sans la lisser. La voix y est constamment sur le seuil, entre maîtrise et débordement, tandis que les arrangements la soutiennent sans la protéger. Elastic se termine sur Life, morceau où l’atmosphère semble légèrement se décaler vers un optimisme prudent, comme si l’album documentait un mouvement du tumulte vers une forme de lucidité. Avec ce nouveau clip, l’artiste prolonge ce geste en donnant à Londres un rôle de partenaire rythmique plutôt que de simple décor. Le projet s’impose ainsi comme une nouvelle voix de la scène pop anglophone, capable d’articuler la tradition britannique des années 2010 à une sensibilité plus contemporaine, marquée par la tension, les textures distordues et une vulnérabilité assumée.

Clip vidéo Disponible de Second Touch