Le rideau s’apprête à tomber sur cette édition du Hellfest avec une quatrième et dernière journée qui s’annonce comme la plus éprouvante du week-end. Si les festivaliers ont déjà dû composer avec la chaleur depuis vendredi, les conditions atteindront cette fois un niveau extrême, le mercure devant dépasser les 41 °C.
Une ultime épreuve d’endurance attend donc les milliers de passionnés présents à Clisson. Motivation, résistance physique et gestion de la chaleur seront les maîtres-mots pour tenir jusqu’au bout de cette journée marathon, qui se conclura avec l’un des concerts les plus attendus du festival : celui d’Offspring.
Face à ces conditions exceptionnelles, l’organisation du Hellfest a choisi d’anticiper afin de préserver la santé des festivaliers. Une mesure risque toutefois de faire grincer des dents : les traditionnelles pintes ne seront plus servies durant cette dernière journée. Les boissons seront proposées dans des contenants plus petits afin de limiter la consommation excessive d’alcool et de réduire autant que possible les interventions des équipes de secours, déjà fortement mobilisées.
En revanche, le traditionnel feu d’artifice qui devait clôturer les festivités n’aura finalement pas lieu. Un arrêté préfectoral, pris la veille en raison des conditions météorologiques et du risque élevé d’incendie, a contraint les organisateurs à renoncer à ce final pyrotechnique.
Dans ces conditions hors normes, l’objectif est clair : permettre à chacun de profiter de cette ultime journée de festival tout en limitant les risques liés à une chaleur accablante.
The Funeral portrait
Ouvrir la dernière journée du Hellfest n’est jamais une mission facile. Programmé dès 10 h 30 sur la Mainstage 2, The Funeral Portrait devait composer avec un public encore en train d’arriver sur le site après trois jours de festival. Résultat : un devant de scène relativement clairsemé au coup d’envoi, une situation davantage liée à l’horaire qu’à l’intérêt suscité par le groupe.
Malgré ces conditions, les Américains n’ont jamais levé le pied. Dès les premières notes, Lee Jennings investit toute la largeur de la scène, multipliant les échanges avec les premiers rangs et encourageant les festivaliers à se rapprocher. Peu à peu, la fosse se densifie et les spectateurs présents répondent avec enthousiasme aux refrains fédérateurs du groupe.
Porté par les morceaux de Greetings From Suffocate City, The Funeral Portrait enchaîne les titres avec une énergie constante, mêlant esthétique gothique, hard rock moderne et influences post-hardcore. La qualité de l’interprétation et l’engagement scénique compensent largement une affluence logiquement limitée en début de matinée.
Le groupe démontre une fois encore son professionnalisme en jouant avec la même intensité que devant une fosse comble. Une attitude saluée par les festivaliers présents, qui offrent une belle ovation au terme d’un set efficace et sans temps mort.
Une prestation convaincante qui pourrait bien lui ouvrir les portes de créneaux plus exposés lors de ses prochaines apparitions européennes.
Not scientists
Après l’ouverture de la dernière journée assurée par The Funeral Portrait sur la Mainstage 2, les festivaliers n’ont que quelques mètres à parcourir pour rejoindre la Mainstage 1. C’est là que les Français de Not Scientists prennent le relais avec une proposition radicalement différente. Exit les ambiances gothiques et théâtrales : place à un punk-rock mélodique, nerveux et lumineux, porté par des refrains fédérateurs et une énergie communicative.
Malgré un horaire encore matinal, le quatuor ne tarde pas à embarquer le public. Dès les premiers morceaux, les musiciens affichent une complicité évidente et un plaisir communicatif, enchaînant les titres avec une précision redoutable. Les guitares ciselées, la section rythmique impeccable et les mélodies immédiatement mémorisables séduisent aussi bien les fidèles du groupe que les festivaliers venus les découvrir.
Sur scène, Not Scientists privilégie l’efficacité à l’esbroufe. Sans artifices, le groupe s’appuie sur l’intensité de son jeu et sur une exécution irréprochable pour faire monter l’ambiance. Au fil du set, le public se densifie devant la Mainstage 1, répondant avec enthousiasme aux sollicitations des musiciens.
En une trentaine de minutes, les Toulousains livrent une prestation solide, sincère et fédératrice, confirmant qu’ils ont toute leur place sur les Mainstages du Hellfest. Une belle démonstration de punk-rock mélodique qui lance définitivement cette dernière journée de festival sous les meilleurs auspices.
Revnoir
Dès les premières notes, Revnoir impose un climat qui capte immédiatement l’attention et ne la relâchera pas de tout le set. Il y a quelque chose de presque instinctif dans la manière dont le groupe occupe l’espace scénique : une tension constante, mais jamais artificielle, qui donne l’impression que chaque morceau est joué comme s’il s’agissait d’un moment décisif. Les riffs tranchants s’entrelacent à des textures plus électroniques, créant une dynamique à la fois sombre et accrocheuse, où chaque transition semble pensée pour maintenir le public en suspension.

Très vite, le concert dépasse la simple découverte pour devenir une véritable expérience. Ce qui marque particulièrement, au-delà de la qualité d’exécution, c’est cette impression de cohérence totale : Revnoir ne juxtapose pas ses influences, il les fusionne avec une identité déjà affirmée. Le chant, habité sans être démonstratif, participe pleinement à cette montée en intensité progressive qui traverse tout le set. On sent un groupe concentré, mais aussi porté par une forme d’urgence maîtrisée, comme si chaque morceau devait trouver sa place dans une narration globale.
Le public ne s’y trompe pas. L’attention est constante, les réactions franches, et les moments les plus explosifs déclenchent une énergie collective qui renforce encore l’impact de la prestation. Pourtant, les passages plus calmes ne cassent jamais l’élan ; ils servent au contraire de respiration, de contraste, renforçant encore les montées suivantes.

Au fil du concert, l’évidence s’impose : Revnoir ne se contente pas de confirmer les échos positifs entendus en amont, le groupe les dépasse. Il y a dans cette prestation quelque chose qui tient du coup de cœur personnel, difficile à rationaliser entièrement, mais évident dans l’instant vécu face à la scène, porté par l’atmosphère et l’intensité du moment. Une impression de découverte rare, celle d’un groupe qui ne joue pas seulement bien, mais qui parvient à créer un vrai moment, dense, cohérent et sincère. Une rencontre marquante, de celles qui donnent envie de suivre de très près la suite de leur trajectoire.
Gnome
Ce dimanche, la Valley a une nouvelle fois offert un de ces moments où la musique dépasse largement le cadre du concert pour devenir une expérience collective totale. Entre proximité extrême, ambiance immersive et énergie brute, la scène a servi d’écrin à la performance de Gnome.

Dès avant le début du set, le public du Hellfest reçoit une surprise préparatoire : des bonnets rouges sont distribués aux festivaliers massés devant la scène. Un geste simple mais redoutablement efficace, qui installe immédiatement une cohésion visuelle au sein de la fosse.
Lorsque le groupe belge entre en scène, l’univers est déjà en place. Fidèle à son esthétique inspirée de la fantasy décalée et du stoner rock, Gnome déploie une musique lourde, groovy et volontairement second degré. L’adhésion du public est immédiate, renforcée par cet accessoire distribué en amont du concert.

Très vite, la Valley se transforme en tableau vivant : une foule compacte, coiffée de bonnets rouges identiques, donnant l’impression d’une “armée de gnomes” en mouvement permanent. L’effet visuel est saisissant et amplifie encore la puissance de la performance.
Dans cet espace connu pour sa proximité presque physique entre artistes et spectateurs, la transformation du public devient une partie intégrante du spectacle. La fosse ne se contente plus de réagir : elle participe pleinement à la mise en scène involontaire du concert. Jusqu’au final, l’image persiste : une marée de bonnets rouges encore animée par les derniers échos du concert, comme suspendue hors du temps.
Resolve
Placé en début d’après-midi sur la Mainstage 2, le groupe a livré un concert court mais particulièrement énergique, conçu pour un format festivalier où l’efficacité prime sur la durée.

La setlist s’est appuyée principalement sur leurs titres récents, issus de leur album Human, avec des morceaux comme “Sandman”, “Move to Trash”, “Death Awaits”, “Molotov”, “In Stone”, “Smile” et “Older Days”. L’ensemble a permis de mettre en avant l’identité du groupe : un metalcore contemporain mêlant riffs lourds, structures directes et refrains mélodiques.
Sur scène, Resolve a enchaîné les morceaux sans temps mort, maintenant une intensité constante et une dynamique très frontale. Les titres les plus récents ont particulièrement retenu l’attention du public, notamment “Death Awaits” et “Molotov”, qui illustrent bien l’évolution du groupe vers un son plus massif et plus accrocheur.

Cette performance confirme la progression de Resolve dans la scène metalcore européenne. Leur passage au Hellfest marque une étape importante, en les positionnant face à un public plus large et dans un contexte de festival majeur, aux côtés de formations internationales du même registre.
Thy Light
Direction la Temple, où l’ambiance s’enfonce dans une pénombre dense et continue. À l’abri du bruit extérieur, la scène dédiée aux expressions les plus sombres du metal accueille Thy Light dans un climat déjà chargé.

Dans cet espace clos, l’atmosphère s’impose d’elle-même : une obscurité presque enveloppante, un silence relatif entre les morceaux, et un public qui se regroupe dans une attention serrée. Tout semble concourir à isoler le moment du reste du festival.
Le concert de Thy Light s’inscrit dans cette logique de lenteur et de gravité. Le groupe brésilien déploie un black metal profondément mélancolique, étiré, où chaque progression sonore semble alourdir encore davantage l’espace. Une sensation de dépression lourde et pesante traverse l’ensemble, non pas comme un effet ponctuel, mais comme une matière continue qui s’installe et persiste.
Dans cette pénombre, la musique prend une dimension presque physique. Elle ne se contente pas d’être écoutée : elle envahit, elle s’étire, elle retient. Le public reste majoritairement immobile, absorbé, comme pris dans une forme de suspension où le temps perd son relief habituel.

Ce concert constitue une immersion dans une intensité émotionnelle rare, où la lenteur et la noirceur deviennent le cœur même de l’expérience.
The Ataris
The Ataris ont apporté une bouffée d’air frais avec un set pop-punk simple et efficace sur la Mainstage. Dans un festival où les esthétiques sont très diverses, leur passage a surtout marqué par son énergie directe et sa légèreté assumée.
Sans artifices ni mise en scène complexe, le groupe américain a enchaîné ses titres à un rythme soutenu, fidèle à l’esprit pop-punk des années 2000. Guitares rapides, mélodies accrocheuses et refrains fédérateurs : l’essentiel est là, sans détour.
Kristopher Roe, au centre de la formation, a gardé une approche sobre tout au long du concert. Peu de paroles, peu d’effets, mais une volonté claire de laisser la musique porter le set.
Sur la Mainstage, le public a accueilli cette parenthèse avec enthousiasme. Voir un groupe de punk rock occuper un créneau en plein air à cette échelle apporte une dynamique particulière : celle d’un moment simple, accessible, qui fait du bien entre des performances plus intenses et techniques.
Ce type de passage rappelle aussi la place que peut prendre le punk sur les grandes scènes, avec son immédiateté et son efficacité, capables de rassembler largement sans complexité.
Black veil brides
Le groupe américain Black Veil Brides a offert une performance remarquée lors de son passage sur la Mainstage 2 à Clisson, devant un public nombreux rassemblé en début d’après-midi. Mené par Andy Biersack, le groupe a livré un set court mais efficace, parfaitement calibré pour un format festival.

Depuis plus de dix ans, la formation s’est imposée dans le paysage rock et metal international grâce à une identité musicale mêlant hard rock moderne, influences metal et refrains pensés pour le live. Cette combinaison prend une dimension particulière sur scène, où l’énergie et l’impact immédiat sont au centre de la prestation.
À Clisson, le groupe a enchaîné les titres avec une intensité constante, misant sur l’interaction avec le public et une montée en puissance progressive. La foule, très réceptive, a largement participé à l’ambiance, confirmant l’attrait du groupe pour les grandes scènes européennes.

Cette apparition s’inscrit dans la continuité d’une tournée européenne qui accompagne leurs activités récentes. Black Veil Brides confirme ainsi sa capacité à évoluer dans les programmations majeures et à fédérer un public varié, bien au-delà de sa base de fans historique.
Pennywise
Le groupe de punk rock californien Pennywise a livré une prestation particulièrement intense sur la Mainstage 1, dans un format typique de ses apparitions festival : court, direct et sans concession. Fidèle à son identité forgée depuis la fin des années 1980, le quatuor a misé sur une exécution rapide et une énergie constante, privilégiant l’impact immédiat plutôt que les effets de mise en scène.
Le set a enchaîné plusieurs titres emblématiques du groupe, dont “Fuck Authority”, “Society”, “Same Old Story” et “Stand by Me”, dans une dynamique continue où chaque morceau servait à maintenir la pression et à intensifier la réaction du public. Les riffs rapides et la section rythmique soutenue ont rapidement déclenché une forte activité dans la fosse, entre pogos et chœurs collectifs.
La prestation s’est conclue sur “Bro Hymn”, moment traditionnel et fédérateur, repris massivement par le public et transformant la fin du concert en chant collectif. Ce final confirme une nouvelle fois la place centrale de ce titre dans l’identité scénique du groupe et illustre la capacité de Pennywise à rassembler différentes générations autour d’un punk rock direct, énergique et sans compromis.
Three days Grace
Il y a des concerts que l’on attend pour soi, plus que pour le reste du public. Le passage de Three Days Grace au Hellfest 2026 faisait partie de ces rendez-vous profondément personnels, chargés de souvenirs individuels plus que d’une attente collective unanime. Pour certains festivaliers, ce show représentait un lien intime avec une période de vie, une bande-son associée à l’adolescence ou à des moments charnières.

Sur scène, Three Days Grace a livré une prestation solide et efficace, fidèle à son identité. Le groupe a enchaîné ses titres sans temps mort, alternant entre énergie brute et passages plus mélodiques. Des morceaux comme “Animal I Have Become”, “So Called Life” ou encore “The Good Life” ont immédiatement trouvé leur public, tandis que les classiques ont rappelé l’impact durable du groupe dans le rock alternatif des années 2000.
Le public a particulièrement réagi sur “I Hate Everything About You”, véritable point d’ancrage émotionnel du concert, repris en chœur par une foule compacte. Dans la continuité, “Time of Dying” et “Never Too Late” ont permis de conclure le set sur une intensité plus posée, presque introspective, sans rupture avec l’énergie générale de la prestation.

Sans chercher la surprise ou la rupture, Three Days Grace a proposé un concert maîtrisé, centré sur l’efficacité et la puissance de ses titres phares. Une prestation directe, cohérente, qui a surtout trouvé son sens dans la manière dont chaque spectateur y a projeté sa propre histoire, faisant de ce moment un souvenir à la fois collectif et intime.
Rise against
Sous la lumière de fin d’après-midi, Rise Against monte sur scène sans artifice particulier, avec cette sobriété qui lui est familière. Rien de superflu, seulement une tension qui s’installe dès les premières notes.
Dès Re-Education (Through Labor), le lien avec le public se crée immédiatement. Tout s’enchaîne avec une forme d’évidence, presque instinctive, comme si chaque morceau avait déjà été attendu. L’énergie n’est pas explosive au sens spectaculaire du terme, elle est continue, tendue, tenue dans une même respiration.
Au fil du set, des titres comme Give It All, Prayer of the Refugee ou Savior prennent une dimension presque intime malgré la foule. Les refrains ne sont pas seulement chantés, ils sont partagés, portés collectivement, avec une familiarité qui dépasse le simple concert.
Rien ne déborde, rien n’est forcé. Juste une intensité constante, une présence directe, et cette impression finale d’un moment suspendu, où la musique semble avoir trouvé un espace simple pour exister pleinement.
Architects
Je n’étais pas franchement convaincu avant le set d’Architects au Hellfest. Les voir programmés en pleine journée m’a immédiatement laissé un doute. Ce genre de groupe, avec leur intensité et leur dimension presque dramatique, je les associais instinctivement à la nuit, aux lights qui écrasent la scène, à cette atmosphère qui donne du relief à chaque break et à chaque montée.
Et forcément, dans un coin de la tête, je repensais à leur précédente venue. Ce souvenir d’un show nocturne massif, presque écrasant, où tout semblait fonctionner à la perfection. Difficile de ne pas comparer.
Sauf que dès les premières minutes, le scepticisme a commencé à se fissurer. Architects ne cherchent pas à “compenser” le jour par une mise en scène forcée. Ils attaquent frontalement, sans fioritures, avec une précision presque froide. Le son est massif, les riffs tranchent net, et Sam Carter impose immédiatement cette énergie à la fois contrôlée et explosive qui tient tout le set debout.
Très vite, le public ne fait plus la différence entre jour et nuit. Les circle pits se forment naturellement, les bras se lèvent sans effort, et on comprend que l’heure de passage n’a finalement aucune importance. Le groupe impose son propre espace, sa propre tension.
Là où j’étais persuadé que le show perdrait en impact sans l’obscurité, c’est presque l’inverse qui se produit : tout repose davantage sur la musique elle-même, sans le “cachet” des lights pour amplifier artificiellement l’émotion. Et ça marche. Brutalement bien.
Au final, cette prestation au Hellfest a quelque chose de presque plus révélateur que leur passage nocturne précédent. Moins spectaculaire sur le plan visuel, mais plus direct, plus frontal, presque plus honnête dans sa manière de balancer la violence des morceaux.
Je suis arrivé sceptique. Je suis reparti convaincu qu’Architects n’ont plus besoin de la nuit pour frapper fort.
The hives
The Hives ont livré un concert d’une intensité rare, transformant leur passage à Clisson en véritable démonstration de force scénique. Dans un format resserré d’environ une heure, le groupe suédois a déroulé une performance sans temps mort, fidèle à sa réputation de machine à énergie live parfaitement rodée. Le public, massé face à la scène, a rapidement été happé par cette succession de morceaux joués à plein régime, sans pause ni détour.
Dès l’ouverture avec Enough Is Enough, le ton est immédiatement donné : aucune introduction superflue, aucun temps mort, seulement une énergie brute et parfaitement maîtrisée. Le groupe enchaîne ensuite les morceaux phares de son répertoire comme Main Offender, Hooray Hooray Hooray et Paint a Picture, dans une continuité presque mécanique mais terriblement efficace. Tout est joué serré, rapide, et pensé pour maintenir une tension constante avec le public.
Le concert atteint un premier sommet avec Hate to Say I Told You So, véritable hymne générationnel qui déclenche une réaction massive dans la foule. Le public reprend le morceau en chœur, porté par un riff immédiatement reconnaissable. The Hives prolongent légèrement le final, jouant avec l’énergie du moment avant de relancer sans pause la suite du set.
La dernière partie du concert confirme la maîtrise du format festival du groupe. Tick Tick Boom, Walk Idiot Walk et The Hives Forever Forever The Hives viennent clore la performance avec une intensité maximale. Sur scène, le contraste entre le jeu ultra carré des musiciens et l’agitation permanente de Pelle Almqvist crée un équilibre particulier, entre contrôle total et chaos organisé.
Visuellement, le groupe reste fidèle à son esthétique noir et blanc, sobre mais immédiatement identifiable. Les interactions constantes avec le public renforcent l’impression d’un show pensé comme une confrontation directe, presque théâtrale.
The Adicts
Pour ce dernier passage personnel à la Warzone cette année, The Adicts ont livré un gros show sur scène, porté par une énergie constante et une identité visuelle immédiatement reconnaissable. Dans une ambiance survoltée, le groupe britannique a transformé la Warzone en un espace totalement habité, entre concert punk et performance théâtrale.

Dès leur entrée en scène, l’impact est immédiat : costumes excentriques, maquillage marqué et présence très expressive installent une atmosphère festive et chaotique à la fois. Musicalement, le groupe enchaîne les morceaux sans temps mort, avec une intensité qui ne faiblit quasiment jamais.
Sur scène, la connexion avec le public est évidente. Le chanteur occupe l’espace avec aisance, multiplie les interactions et maintient une énergie communicative qui entraîne rapidement la foule. Le public répond présent du début à la fin, oscillant entre pogo et chœurs collectifs.
La setlist repose sur les titres emblématiques du groupe, dans une logique d’efficacité assumée. Sans chercher la surprise, The Adicts misent sur la force de leurs classiques, ce qui renforce l’impact global du concert et maintient une tension continue dans la fosse.

Le concert laisse surtout le souvenir d’une intensité brute et d’un moment totalement immersif, où l’énergie du groupe et celle du public se sont répondu sans interruption, comme une dernière décharge collective dans la Warzone.
The Offspring
Après un week-end déjà bien éprouvant, marqué par la chaleur écrasante et les allers-retours incessants entre les différents points photo, le choix s’impose presque naturellement : celui de lever le pied. Plutôt que de se mêler à la foule compacte au plus près de la scène, la soirée se fera en retrait, installé dans l’herbe, à distance raisonnable, avec pour seul lien direct avec la scène les écrans géants. Une manière plus douce d’assister au concert de The Offspring, sans renoncer pour autant à l’essentiel.
Depuis ce point de vue apaisé, l’ambiance du concert se perçoit autrement. Moins dans la sueur et la pression de la foule, davantage dans l’énergie globale qui se dégage du plateau. Dès les premières minutes, le groupe californien impose son identité : une précision rythmique intacte, des tempos toujours nerveux, et cette capacité à enchaîner les morceaux avec une efficacité presque clinique, sans jamais perdre le public en route.
Sur scène, The Offspring déroule un set construit comme une montée en tension maîtrisée. Les titres emblématiques déclenchent immédiatement la réaction du public, visibles même à distance : les sauts, les bras levés, les refrains repris en chœur forment une vague continue que les écrans retranscrivent avec une netteté presque plus lisible que la scène elle-même. Cette médiation technologique devient paradoxalement un confort : elle donne accès aux expressions des musiciens, aux détails des solos, aux échanges rapides entre les membres du groupe.
Le son, lui, porte sans difficulté jusqu’à la pelouse. Il conserve cette signature punk-rock aux contours nets, parfois abrasifs, mais toujours structurés. Les guitares tranchent dans l’air chaud du soir, la batterie maintient une cadence implacable, et la voix du chanteur s’impose avec une familiarité presque rassurante pour un public acquis à sa cause.
Dans cette configuration plus distante, le concert prend une autre dimension : celle d’un spectacle collectif observé avec recul, où l’on ressent autant l’énergie globale que l’on en capte les détails fragmentés. La fatigue accumulée du week-end transforme ainsi l’expérience en une forme de contemplation, sans rupture avec l’intensité de la performance.
Au fil du set, The Offspring confirme ce qui fait sa longévité sur scène : une maîtrise de l’impact immédiat, une capacité à maintenir une tension constante et à livrer des morceaux qui fonctionnent toujours comme des décharges d’adrénaline. Même depuis l’herbe, à distance des amplis, l’effet reste intact.
Lorsque les dernières notes s’éteignent et que les écrans reviennent à une lumière neutre, il reste cette impression d’avoir assisté à un concert solide, sans surcharge, porté par une énergie constante plutôt que par l’excès. Une expérience plus posée, mais loin d’être atténuée — simplement filtrée par la distance, la chaleur, et le besoin de ralentir.
Un oeil tourné vers 2027
Pour sa 20e édition, programmée du 17 au 20 juin 2027, le Hellfest s’apprête à franchir un nouveau cap sans trahir ce qui fait son ADN.
À Clisson, la formule reste la même : quatre jours, une fréquentation massive d’environ 70 000 personnes par jour, et une immersion totale dans l’univers metal sous toutes ses formes. Mais en coulisses, l’ampleur change clairement de dimension. Le festival passe de six à dix scènes et annonce près de 300 groupes programmés — une densité rarement atteinte sur ce format.
Plutôt que de pousser les murs, l’organisation choisit de compresser encore davantage l’expérience : pas d’extension du site, mais une multiplication des propositions musicales. Résultat attendu : un rythme encore plus intense, où chaque créneau devient un arbitrage entre curiosité et fidélité à ses scènes habituelles.
Sur le front du line-up, rien n’est officialisé à ce stade, mais les discussions vont déjà bon train dans la communauté. Difficile d’imaginer une édition anniversaire de cette envergure sans revoir Gojira dans l’équation, tant la relation entre le groupe et le festival s’est imposée comme une évidence au fil des années.
Côté billetterie, les premiers éléments sont déjà connus. Le pass 4 jours est proposé au tarif de 289 €, une légère hausse par rapport à l’édition précédente. Et l’engouement ne se dément pas : au moment de la rédaction de cet article, les pass 3 jours affichent déjà complet, confirmant une nouvelle fois l’incroyable attractivité du Hellfest, un an avant l’ouverture de cette édition anniversaire.
Avant de tourner définitivement la page de cette édition 2026, nous avions simplement envie de dire MERCI
Merci à toute l’équipe du Hellfest pour la confiance qu’elle nous renouvelle année après année. C’est toujours un immense plaisir de pouvoir raconter cet événement de l’intérieur, de partager ces instants de musique, d’émotion et de passion avec nos lecteurs.
Un immense merci aux centaines de bénévoles, aux équipes techniques, aux agents de sécurité, aux secouristes, aux prestataires, etc., et à toutes celles et ceux qui œuvrent dans l’ombre. Pendant que les artistes enflamment les scènes, eux font tourner cette incroyable machine avec une précision remarquable. Sans leur engagement, leur professionnalisme et leur énergie, cette aventure n’existerait tout simplement pas.
Et puis merci aux festivaliers. Malgré la chaleur écrasante, la fatigue accumulée et les kilomètres parcourus sur le site, vous avez une nouvelle fois démontré ce qui fait la force du Hellfest : une communauté passionnée, respectueuse et incroyablement vivante.
Le rideau tombe sur cette édition 2026, mais l’histoire continue déjà de s’écrire. Rendez-vous du 17 au 20 juin 2027 pour célébrer ensemble les 20 ans du Hellfest. Une édition anniversaire qui s’annonce déjà historique… et nous serons, une nouvelle fois, au rendez-vous pour la vivre et vous la raconter.

