Hellfest 2026 – Jeudi 18 juin :Une première journée entre émotions, légendes et déflagrations
Hellfest 2026 – Jeudi 18 juin :Une première journée entre émotions, légendes et déflagrations

Hellfest 2026 – Jeudi 18 juin :Une première journée entre émotions, légendes et déflagrations

Le Hellfest est enfin de retour. Dès les premières heures de cette édition 2026, une scène devenue presque incontournable se dessine à l’entrée du site : la file d’attente du merchandising officiel serpente déjà sur plusieurs dizaines de mètres. Sous une chaleur déjà bien installée, les festivaliers patientent avec résignation, parfois le regard un peu dépité, conscients qu’il faudra s’armer de patience pour repartir avec le précieux t-shirt ou le souvenir de cette nouvelle édition. Un passage presque obligé, vécu comme un véritable rite d’entrée avant de rejoindre les scènes.

Une fois cette première étape franchie, l’effervescence reprend immédiatement ses droits. Les allées se remplissent, les premiers riffs résonnent dans la vallée de Clisson et les scènes s’animent au rythme d’une programmation où se côtoient figures emblématiques, valeurs sûres et nouvelles références de la scène rock et metal. Entre concerts chargés d’émotion, prestations fédératrices et spectacles taillés pour les Mainstages, cette première journée n’a pas tardé à offrir ses premiers grands moments. Des retrouvailles historiques avec Breaking Benjamin au show théâtral d’Alice Cooper, en passant par la démonstration de Bring Me The Horizon, l’énergie communicative de Papa Roach ou encore les atmosphères singulières de Borknagar et Feuerschwanz, le Hellfest 2026 lance son édition de la plus belle des manières.

The Plot in you

Présent sur la Mainstage 1 du Hellfest en fin d’après-midi, The Plot In You a livré un concert court mais marquant, porté par une énergie constante et une forte charge émotionnelle.

Sans mise en scène spectaculaire, le groupe américain a choisi d’aller à l’essentiel : jouer ses morceaux avec efficacité et intensité. Ce choix a rapidement trouvé son public, malgré une heure encore chaude et une foule en début de montée en pression pour la suite de la journée.

Le chanteur Landon Tewers a une nouvelle fois marqué les esprits par sa capacité à alterner chant clair et passages plus agressifs. Sa performance vocale a donné beaucoup de relief aux morceaux, notamment sur les titres les plus récents du groupe.

Hellfest 2026 – Jeudi 18 juin :Une première journée entre émotions, légendes et déflagrations

Dans le public, la réaction a été progressive mais réelle. Les premiers rangs ont rapidement répondu présents, reprenant certains refrains et lançant les premiers mouvements de foule. L’ambiance s’est renforcée au fil du set, jusqu’à devenir franchement participative sur les morceaux les plus connus.

Des titres comme Forgotten, Divide ou Left Behind ont particulièrement bien fonctionné en live, confirmant la montée en popularité du groupe sur la scène metalcore actuelle. Le point culminant du concert reste feel nothing, repris en chœur par une grande partie du public.

Sans chercher à en faire trop, The Plot In You a livré une prestation solide et cohérente. Un concert efficace, bien exécuté, qui a parfaitement rempli son rôle dans la programmation du festival.

The Pretty Reckless

À la suite du passage de The Plot in You sur la Mainstage 1, l’attention du public se déplace rapidement vers la Mainstage 2, où The Pretty Reckless entre en scène dans une ambiance déjà électrique propre à cette soirée de Hellfest 2026.

Sans temps mort ni introduction superflue, le groupe américain attaque son set avec une assurance immédiate. Le son est massif, compact, taillé pour l’ampleur du festival : guitares saturées, section rythmique solide et une mise en place efficace qui laisse peu de place à l’hésitation. Dès les premières mesures, la Mainstage 2 est entièrement captée par une dynamique rock directe, volontairement frontale.

Taylor Momsen s’impose d’emblée comme le centre de gravité du concert. Voix rugueuse, attitude tranchée, présence scénique habitée : elle donne au set une tension constante, oscillant entre contrôle et abandon. Chaque morceau est porté par une interprétation intense, où l’énergie ne retombe jamais vraiment, même dans les passages plus mélodiques.

Hellfest 2026 – Jeudi 18 juin :Une première journée entre émotions, légendes et déflagrations

Le groupe privilégie une approche sans détour, enchaînant les titres avec fluidité pour maintenir une montée en puissance continue. Le public répond immédiatement, réagissant aux refrains et aux structures efficaces qui ont fait la réputation du groupe sur scène. L’interaction reste simple mais efficace : pas de longs discours, uniquement la musique comme moteur principal.

Visuellement, la prestation repose sur une esthétique sombre et épurée, laissant la priorité au son et à la performance. Les jeux de lumière soulignent les moments forts sans jamais détourner l’attention de l’essentiel : un rock direct, pensé pour les grandes scènes de festival.

Au fil du set, The Pretty Reckless impose une identité claire : celle d’un groupe capable de transformer un créneau relativement court en moment de tension continue, sans rupture ni dispersion. Une prestation maîtrisée, dense, qui confirme leur capacité à tenir une Mainstage dans un cadre aussi exigeant que celui de Hellfest 2026.

Breaking Benjamin

Pour de nombreux festivaliers, la présence de Breaking Benjamin au Hellfest 2026 relevait presque de l’événement historique. Depuis près de quinze ans, les apparitions européennes du groupe américain se comptaient sur les doigts d’une main. Entre les problèmes de santé de son chanteur Ben Burnley, notamment liés à des difficultés à supporter les longues tournées internationales, et une carrière essentiellement concentrée sur le marché nord-américain, le groupe s’était progressivement éloigné des scènes du Vieux Continent. Pour toute une génération de fans européens, voir enfin Breaking Benjamin fouler la Mainstage du Hellfest représentait donc une occasion rare, voire inespérée.

Dès son entrée en scène, le quintette a été accueilli par une ovation à la hauteur de l’attente. Conscient de l’importance du moment, le groupe a livré une performance appliquée et puissante, enchaînant les titres qui ont forgé son statut de référence du rock alternatif américain. Les riffs massifs, les refrains fédérateurs et les harmonies vocales si caractéristiques de Breaking Benjamin ont rapidement transformé la Mainstage 1 en véritable caisse de résonance.

Au fil du concert, les classiques se sont succédé sous les acclamations d’un public conquis. Mais c’est dans les dernières minutes du set que la magie a véritablement opéré.

Hellfest 2026 – Jeudi 18 juin :Une première journée entre émotions, légendes et déflagrations

Lorsque les premières notes de The Diary of Jane ont retenti, une clameur immense s’est élevée de la foule. Instantanément, des milliers de voix ont repris les paroles à l’unisson, couvrant parfois même le groupe. Rarement une chanson aura autant symbolisé le lien entre un artiste et son public. Face à eux, Ben Burnley semblait mesurer l’importance de ce moment, laissant régulièrement les festivaliers porter le refrain tandis qu’il observait cette marée humaine chanter chaque mot avec ferveur.

L’émotion était palpable. Pour beaucoup, The Diary of Jane n’était pas seulement le plus grand succès de Breaking Benjamin ; c’était la bande-son d’une époque, un morceau qui a accompagné toute une génération d’auditeurs depuis près de vingt ans. Cette dimension nostalgique a donné une intensité particulière à l’interprétation. Les bras levés, les chants repris en chœur et les regards tournés vers la scène ont créé une osmose presque parfaite entre le groupe et son public.

Le Hellfest n’assistait plus simplement à un concert, mais à une véritable célébration collective. Une communion rare, sincère et profondément touchante, conclue sous une salve d’applaudissements nourris.

Après des années d’absence en Europe, Breaking Benjamin a démontré qu’il n’avait rien perdu de sa capacité à fédérer. Et si cette prestation devait marquer le début d’un retour plus régulier sur les scènes européennes, nul doute que les fans présents à Clisson pourront affirmer qu’ils ont assisté à un moment particulier de l’histoire du groupe.

Borknagar

Après plusieurs concerts passés devant les Mainstages pour lancer cette première journée du Hellfest, passage presque obligé sous la Temple pour aller retrouver les Norvégiens de Borknagar. Dans une programmation particulièrement dense, la formation venue de Bergen faisait figure de rendez-vous incontournable pour les amateurs de metal atmosphérique et progressif.

Le contraste avec l’agitation des scènes principales est immédiat. Sous les arches de la Temple, l’ambiance se veut plus recueillie, plus attentive aussi. Un cadre idéal pour accueillir l’univers singulier de Borknagar, groupe qui cultive depuis près de trente ans un équilibre rare entre puissance, mélodie et ambition musicale.

Dès son entrée en scène, le quintette capte l’attention d’un public venu en nombre. Sans artifices particuliers ni démonstration excessive, les musiciens s’appuient sur l’essentiel : des compositions solides, une exécution irréprochable et une identité musicale immédiatement reconnaissable.

Au fil du concert, les Norvégiens déroulent un répertoire largement orienté vers leur période récente, mettant en avant les facettes les plus progressives et atmosphériques de leur musique. Les harmonies vocales, particulièrement soignées, constituent l’un des points forts de la prestation et apportent une profondeur supplémentaire à des compositions déjà riches en reliefs.

La scène Temple semble taillée pour accueillir ce type de proposition. À mesure que la lumière de fin de journée décline, l’atmosphère gagne en intensité et le public se laisse progressivement embarquer dans les paysages sonores dessinés par le groupe. Loin des démonstrations de force parfois privilégiées dans les grands festivals, Borknagar mise sur la construction, les nuances et les émotions.

L’un des principaux mérites de cette prestation réside justement dans cet équilibre permanent entre technicité et accessibilité. Les passages les plus contemplatifs ne cassent jamais la dynamique du concert, tandis que les séquences plus offensives rappellent les racines extrêmes du groupe sans jamais prendre le dessus sur l’ensemble.

Porté par un son particulièrement clair et une interprétation maîtrisée de bout en bout, Borknagar confirme sa place à part dans le paysage metal européen. Une prestation élégante, cohérente et immersive qui aura offert une respiration bienvenue au milieu de l’effervescence de cette première journée du Hellfest.

À l’heure de quitter la Temple, les applaudissements nourris du public ne laissent guère de doute : les Norvégiens ont pleinement réussi leur rendez-vous clissonnais.

Papa Roach

Le concert de Papa Roach au Hellfest 2026 ressemble à ce que le groupe sait faire de mieux sur une grande scène : du direct, de l’énergie brute, et une connexion immédiate avec le public. Pas de mise en scène compliquée, tout repose sur le rythme, l’intensité et la capacité à embarquer la foule dès les premières minutes.

Très vite, le set prend une vraie ampleur. Jacoby Shaddix est en mode total engagement : il occupe l’espace, alterne chant et passages plus rapés, et maintient une interaction permanente avec le public. On sent une foule déjà acquise, qui répond au moindre signal, ce qui donne au concert une dimension presque collective plutôt que simplement musicale. Les morceaux s’enchaînent sans temps mort, avec cette logique de montée continue propre aux gros festivals.

Les titres les plus connus déclenchent évidemment les plus grosses réactions, mais l’ensemble du show ne repose pas uniquement sur la nostalgie. Le groupe garde une dynamique actuelle, avec des morceaux plus récents qui s’intègrent naturellement au set et évitent l’effet “best of figé”.

C’est au milieu de ce déroulé très tendu et très efficace que survient le moment qui a marqué beaucoup de monde : l’arrivée sur scène du fils de Jacoby Shaddix.

Au départ, l’instant peut presque sembler anecdotique, une sorte de clin d’œil personnel dans un concert de festival. Mais dès qu’il prend le micro, l’ambiance change légèrement. Il n’est pas là pour faire figurant. Il entre dans le rythme, pose sa partie avec assurance, et tient sa place sans hésitation visible malgré la pression de la Mainstage et de la foule immense devant lui.

Ce qui frappe surtout, c’est la facilité avec laquelle il s’inscrit dans le moment. Il n’y a pas de décalage, pas de maladresse apparente : juste un gamin très jeune face à une scène gigantesque, mais déjà très à l’aise dans l’exercice. Et forcément, le lien avec son père rend la scène encore plus forte, presque comme une transmission qui se joue en direct devant tout le monde.

Après ce passage, le groupe reprend immédiatement le fil du concert avec plus de puissance encore, comme pour refermer cette parenthèse personnelle et relancer la machine. Mais pour beaucoup de spectateurs, c’est clairement l’un des souvenirs les plus marquants du set, justement parce qu’il mélange intensité, surprise et quelque chose de très humain au milieu d’un show très carré.

Alice Cooper

Retour sur la Mainstage, la prestation d’Alice Cooper a confirmé une évolution désormais pleinement assumée de son art scénique : le concert n’est plus centré sur la performance vocale, mais sur un dispositif théâtral total où l’image, la narration et la mise en scène prennent le dessus.

À 78 ans, l’icône du shock rock continue de livrer un spectacle d’une efficacité redoutable, construit comme une succession de tableaux macabres et spectaculaires. Guillotine, personnages grotesques, décors horrifiques et accessoires sanglants structurent un show millimétré, pensé comme une expérience visuelle continue plutôt que comme un simple enchaînement de chansons.

Dans ce contexte, la voix apparaît logiquement en retrait. Moins stable qu’à ses grandes heures, parfois simplifiée ou intégrée dans un mix qui privilégie l’énergie globale du groupe, elle ne constitue plus le cœur du propos artistique. Ce choix n’est cependant pas subi : il s’inscrit dans une logique assumée où le personnage d’Alice Cooper prime sur le chanteur.

Hellfest 2026 – Jeudi 18 juin :Une première journée entre émotions, légendes et déflagrations

Le répertoire reste pourtant redoutablement efficace. Les classiques du catalogue continuent de déclencher une réaction immédiate du public, non pas comme des performances vocales à analyser, mais comme des déclencheurs de scènes et d’ambiances. Le groupe, solide et parfaitement rodé, assure une base musicale puissante, donnant au concert une dynamique constante.

Au Hellfest, le public ne semble d’ailleurs pas attendre autre chose. Le contrat est clair : il ne s’agit pas d’un récital vocal, mais d’un rituel rock spectaculaire, où chaque morceau sert une dramaturgie plus large. Sur ce terrain, Alice Cooper reste un maître incontesté.

Ce concert confirme ainsi une trajectoire artistique singulière : plutôt que de lutter contre le temps, Alice Cooper l’intègre à son esthétique. Le chanteur s’efface par moments, mais le personnage, lui, demeure intact, dominant la scène avec une présence toujours aussi théâtrale.

Hommage à Ozzy Osbourne

La foule s’est rassemblée en nombre devant la mainstage pour rendre un dernier hommage au prince des ténébres.

Cet hommage propose un montage rétrospectif centré sur la carrière de Ozzy Osbourne, construit à partir d’archives scéniques et d’extraits d’interviews.

Le film alterne entre des images de performances live et des séquences d’entretiens couvrant différentes périodes de sa vie artistique. On y retrouve aussi bien des archives de ses débuts avec Black Sabbath que des prises de parole plus récentes, offrant une lecture chronologique de son parcours.

Le montage met en regard l’énergie des prestations scéniques et la parole d’Ozzy Osbourne au fil du temps, construisant un récit continu de sa trajectoire artistique. Cette alternance donne une cohérence à un ensemble d’images issues d’époques différentes, tout en soulignant la longévité de sa présence dans l’histoire du metal.

La vidéo se clôt sur un écran affichant les mots “Let the madness begin …”. Dans la foulée, un grand feu d’artifice éclate, dans la lignée des séquences pyrotechniques habituellement associées aux clôtures de festival lors des éditions précédentes du Hellfest. Cette conclusion spectaculaire contraste avec le ton rétrospectif du montage et referme la séquence sur une mise en scène plus événementielle.

Bring me the horizon

Bring Me The Horizon a livré une prestation qui confirme définitivement son statut de tête d’affiche incontournable du metal moderne, tout en actant une rupture désormais assumée avec ses racines metalcore les plus brutes.

Sur la Mainstage, le groupe impose immédiatement une dynamique très contrôlée, presque millimétrée, où l’enchaînement des morceaux s’inscrit dans une logique de continuité plus que de rupture. L’esthétique sonore est clairement celle du BMTH contemporain : production lisse, textures électroniques omniprésentes, et construction dramatique pensée pour les très grandes scènes. On est loin d’un set metal traditionnel ; ici, tout est calibré pour un impact massif, presque “stadium”.

La partie consacrée aux titres récents illustre cette orientation avec une précision chirurgicale. Le groupe privilégie l’efficacité rythmique et les refrains conçus pour être repris par des milliers de voix plutôt que la rugosité ou l’imprévisibilité. Oli Sykes adopte une posture frontale mais contenue, alternant entre chant mélodique très maîtrisé et incursions screamées plus ponctuelles. L’ensemble est solide, mais volontairement contenu, comme si le chaos avait été domestiqué au profit d’une lisibilité maximale.

C’est dans le retour aux morceaux plus anciens que le concert retrouve une tension plus organique. Les titres issus de la période metalcore réactivent une énergie plus abrasive, immédiatement relayée par une réponse beaucoup plus viscérale du public. Le contraste entre ces deux identités — l’actuelle, ultra-produite, et l’ancienne, plus brute — constitue l’un des enjeux implicites du set.

Le moment le plus marquant de la soirée reste toutefois l’apparition de Will Ramos — chanteur américain du groupe de deathcore Lorna Shore, reconnu pour ses techniques vocales extrêmes et sa puissance scénique — sur “Antivist”. La rencontre entre les deux univers vocaux fonctionne comme un point de bascule symbolique : d’un côté, une écriture metalcore classique revisitée par BMTH ; de l’autre, l’extrême moderne incarné par une nouvelle génération de frontmen. L’intensité du passage dépasse le simple featuring pour devenir un moment de transmission esthétique, presque un passage de relais générationnel.

Visuellement, le groupe poursuit son virage vers une scénographie totalisante. Écrans monumentaux, imagerie numérique et direction artistique cybernétique participent à une logique d’immersion continue. Le concert ne se contente plus d’accompagner la musique : il la prolonge, la recompose et parfois la remplace en partie par une narration visuelle dominante.

Au final, ce Hellfest 2026 confirme un BMTH installé dans une forme de maturité paradoxale. Ultra efficace, parfaitement rodé pour les grandes scènes, le groupe assume pleinement son évolution vers un format hybride où le metal n’est plus une frontière mais une matière première parmi d’autres. Si la spontanéité des débuts s’est largement estompée, elle a été remplacée par une ambition plus large : celle de redéfinir les contours du metal contemporain à l’échelle des festivals majeurs.

Feuerschwanz

Au moment de refermer cette première journée du Hellfest, un ultime dilemme s’impose. D’un côté, les pirates déjantés d’Alestorm s’apprêtent à lancer leur traditionnel abordage sur la Mainstage. De l’autre, les chevaliers de Feuerschwanz investissent la Temple pour une première apparition très attendue à Clisson. Deux visions de la fête, deux univers où l’autodérision côtoie une redoutable efficacité scénique. Le cœur balance quelques instants… mais l’appel des armures, des hymnes épiques et du folk metal made in Germany finit par l’emporter. Direction la Temple pour rejoindre les rangs des chevaliers bavarois.

Le choix se révèle rapidement payant. Dès les premiers morceaux, Feuerschwanz prend le contrôle de la Temple avec une énergie communicative. Le groupe ne laisse aucun temps mort et enchaîne les titres dans une ambiance aussi festive que maîtrisée.

Sur scène, les Allemands savent parfaitement jouer de leur univers médiéval. Costumes, humour et mises en scène accompagnent chaque morceau sans jamais éclipser l’essentiel : une prestation solide et des musiciens impeccables. Les riffs sont puissants, les mélodies folk apportent leur touche épique et les refrains sont repris en chœur par un public déjà totalement conquis.

Malgré la concurrence d’Alestorm au même moment, la Temple affiche une belle affluence. Très vite, les festivaliers répondent aux sollicitations du groupe, chantent, lèvent les bras et participent à cette grande fête où la bonne humeur règne du début à la fin.

Ce concert confirme surtout que Feuerschwanz a franchi un cap ces dernières années. Derrière l’image de groupe festif se cache désormais une formation capable de livrer un véritable show metal, puissant, précis et parfaitement rodé. Le son, particulièrement propre sous la Temple, permet d’apprécier aussi bien les guitares que les instruments traditionnels, sans que l’un ne prenne le pas sur l’autre.

Pour une première au Hellfest, difficile d’imaginer meilleur baptême. Feuerschwanz repart avec une Temple conquise et des festivaliers qui n’ont demandé qu’une chose à la fin du concert : les revoir au plus vite sur les terres clissonnaises.

Cette première journée du Hellfest 2026 a parfaitement illustré la richesse et la diversité qui font la force du festival. Entre émotions, performances scéniques marquantes et concerts fédérateurs, chaque artiste est venu défendre son univers avec conviction. Des retrouvailles historiques avec Breaking Benjamin, sublimées par une interprétation particulièrement émouvante de The Diary of Jane, à la démonstration de puissance de Bring Me The Horizon, en passant par le grand show d’Alice Cooper ou la fraîcheur de Feuerschwanz, cette journée a offert un équilibre réussi entre héritage et modernité. Un premier acte particulièrement convaincant, qui lance idéalement cette nouvelle édition du Hellfest.