Comme chaque annĂ©e â enfin, pour moi, câest la quatriĂšme ! â lâexcitation est Ă son comble
dĂšs lâinstant oĂč lâon rĂ©cupĂšre nos bracelets. Câest devenu un rituel : arriver quelques heures
avant lâouverture officielle pour sâimprĂ©gner de lâambiance unique du festival, comme une
montée en puissance avant le grand déchaßnement.
La traversée de la longue route menant au mythique rond-point de la guitare provoque
toujours le mĂȘme frisson. Un moment presque sacrĂ© pour tout mĂ©talleux qui se respecte.
Cette annĂ©e, premiĂšre surprise : la Gardienne des TĂ©nĂšbres nous accueille Ă lâentrĂ©e, plantant
immĂ©diatement le dĂ©cor. On dĂ©couvre ensuite quelques nouveautĂ©s, comme La BĂȘte, la biĂšre
express en libre-service â un vrai bonheur sous cette chaleur dĂ©jĂ Ă©crasante. Et puis La
Purple House, mystĂ©rieuse et intrigante, que nous nâavons pu quâentrevoir de lâextĂ©rieur pour
le moment.
Ambiance, chaleur, effervescence : cette premiÚre soirée promet une édition survoltée. Et ce
nâest que le dĂ©butâŠ
Chapitre 1 â Queue pour lâenfer
Le soleil rÚgne en maßtre sur Clisson. Pas un nuage, pas une brise. à peine arrivés sur le site,
nous dĂ©cidons dâouvrir le bal par un pĂšlerinage sacrĂ© : le merch.
Erreur de dĂ©butants ou Ă©lan de bravoure ? Peut-ĂȘtre un peu des deux.
Cinq heures dâattente sous un soleil de plomb, le cuir collĂ© Ă la peau, le goudron fondant sous
nos semelles. Et pourtant, lâambiance est lĂ , inaltĂ©rable. Sourires, biĂšres partagĂ©es, rires face Ă
lâabsurditĂ© de la situation : la chaleur humaine lâemporte sur celle du ciel.
Enfin récompensés, tissu convoité en main, il est temps de se laisser porter par le son.
Lindemann entre en scĂšne, tout de rouge vĂȘtu, prĂ©sence incendiaire. Le batteur est un
ouragan, précis et sauvage. Lindemann, tel un pantin déréglé, balance son micro, le rattrape,
fixe la foule. Moins tranchant quâĂ lâaccoutumĂ©e, peut-ĂȘtre, mais la magie noire opĂšre
toujours.
La nuit tombe. Les flammes jaillissent. Le show est intense, théùtral, ravageur.
Puis The Hellacopters. Une révélation. Je les connaissais à peine. Un solo de guitare fend
lâair, les riffs transpirent la sincĂ©ritĂ©. Câest brut, Ă©lectrique, poignant.
Direction ensuite Electric Callboy. Et lĂ , surprise : je croise le chanteur dâOpium du Peuple au
dĂ©tour dâun mouvement de foule. Ăchange bref, sourire partagĂ© â instant suspendu.
Et puis le chaos organisĂ© dĂ©marre. Electric Callboy, câest une tornade. LâĂ©nergie est
fulgurante, le public en transe. Wall of death, sauts, cris⊠et cette reprise déjantée
dâ »Everytime We Touch » : euphorique. Un vrai moment de festival, inoubliable.
Et ce nâest que le dĂ©but.
Chapitre 2 â RĂ©veil mĂ©tallique et surprises de lâenfer
Le lendemain, pas de répit. Direction la Mainstage pour Cachemire dÚs 11h. Certains
prennent leur cafĂ©, ici câest circle pit au rĂ©veil. Et quel rĂ©veil !
Le public est là , fidÚle au poste. Et sur le cÎté, un interprÚte en langue des signes traduit avec
fougue les paroles â un geste marquant, inclusif.
Le groupe envoie du lourd, avec un nouveau titre en avant-premiĂšre. Le chanteur claque une
phrase qui résonne encore :
« Profitez de la vie, putain de merdeâŻ! »
Brut, sincĂšre, Hellfest.
Petite pause ensuite au Hell City Square, royaume du délire et de la tentation visuelle. Et là ,
au dĂ©tour dâune allĂ©e : Lilith, la Gardienne des TĂ©nĂšbres. Imposante, figĂ©e, presque
surnaturelle. Elle ne bouge pas. Et pourtant, elle hypnotise.
Retour aux concerts avec The Night Eternal. Une vibe heavy 80s revisitée avec fraßcheur. Une
découverte comme on les aime.
Mais lâenfer a ses revers : quelques malaises dans la foule, passage obligĂ© chez les
secouristes. Professionnels, bienveillants, indispensables.
Besoin de fraßcheur ? Cap sur le bus Arte, oasis climatisée au milieu du chaos.
Malheureusement, mon corps dit stop. Ce soir, ce sera Arte Concert depuis le canapé, pour
profiter quand mĂȘme de The HU et Within Temptation. Moins intense, certes. Mais demain,
je reviens. Et je suis prĂȘte.
Chapitre 3 â Dimanche, la derniĂšre danse
Dernier jour. Derniers dĂ©cibels. La fatigue est lĂ , mais lâappel du mĂ©tal est plus fort.
Je commence avec Gravekvlt : du bon gros death metal pour se réveiller. Premier circle pit
matinal, et lâĂ©nergie revient.
Guineapig enchaĂźne. Pas mon style Ă la base, mais franchement, une bonne surprise. Le
Hellfest, câest aussi ça : lâinattendu.
Puis Ashen. Une double pédale qui tabasse, une ambiance déchaßnée dans le pit. On se marre,
on saute, on partage. Le métal, version communion.
Et lĂ , coup de cĆur inattendu : BlackGold. Fusion rap/metal ultra efficace, scĂ©niquement au
top. Une vraie pépite.
Poppy suit. Une douceur tranchante. Sa voix cristalline posée sur des riffs acérés : le contraste
est total, et câest fascinant.
Mais mon moment fort du jour, câest Celeritas, sur la Hell Stage. Un dĂ©chaĂźnement. Circle pit,
wall of death, tout explose. Mais aussi⊠des sourires, des gestes dâentraide, une fraternitĂ©
palpable. Un de ces instants rares oĂč la violence du son rencontre la tendresse de lâhumain.
Pause repas bien mĂ©ritĂ©e. On refait le monde avec les copains, entre coups de cĆur, coups de
soleil et courbatures.
LâaprĂšs-midi reprend avec Refused. Un set punchy, qui tabasse.
Puis arrive A Day To Remember. Du pop mĂ©tal efficace, doublĂ© dâune pĂ©dale qui te traverse
la colonne. Frissons assurés.
Changement de registre avec Cypress Hill. Le public se presse, curieux. Le set commence sur
un mix original, mĂȘme un petit Metallica se glisse lĂ -dedans. Mais pour moi, malgrĂ© leur
performance, ça ne colle pas. Ils nâavaient pas leur place ici â mĂȘme si, au fond, le Hellfest
reste aussi un espace dâouverture.
Falling in Reverse remonte le niveau. Une prestance incroyable, une vibe cinématographique,
un son massif. Un pur kiffe.
Et puis⊠le moment que tout le monde attend : Linkin Park.
La tension monte. Le compte Ă rebours sâaffiche. Et soudain, la scĂšne sâillumine. Les
premiĂšres notes font vibrer tout Clisson.
La chanteuse flanche un peu sur la voix, mais lâĂ©motion est intacte. Ce nâest plus un concert,
câest un hommage, un moment gravĂ© dans le cĆur de chacun.
Et quand on croit que tout est finiâŠ
đLe feu dâartifice embrase le ciel.
Un dernier cri dâamour au mĂ©tal.
Un frisson collectif, les yeux levĂ©s, les cĆurs serrĂ©s, les Ăąmes brĂ»lantes.
đž Le Hellfest 2025 sâachĂšve. Et dĂ©jĂ , on rĂȘve au suivant.
Sakapoof

